Monthly Archives: April, 2009

…suite!

Dans le dossier de la grippe nord-américaine (ok, je vais être gentil et je ferai plaisir au lobby criminel des producteurs de porc), il semble bien que, contrairemement au dossier du terrorisme, les compagnies aériennes et les agences de voyage aient réagi plus rapidement que les gouvernements nord-américains dans ce dossier, tout simplement parce qu’il est dans l’intérêt des compagnies aériennes et des agences de voyage d’agir ainsi!

Intéressant…

Advertisements

Grippe porcine et terrorisme: insécurité à deux vitesses?

Au Cacanada et aux États-Unis, depuis le 11 septembre 2001 (où la défense aérienne de la NORAD a été curieusement incapable d’empêcher un deuxième avion de percuter (je suis conciliant concernant le premier) une des tours du WTC et un autre de percuter le Pentagone!), il est fort difficile pour un musulman d’entrer dans un avion et une personne ne peut pas apporter divers types d’objets en cabine dans un avion. Et même dans les autobus, l’hystérie insécuritaire commence à faire rage!

Mais si vous revenez du Mexique et que vous avez été potentiellement en contact avec le virus de la grippe porcine, vous pouvez entrer dans un avion sans problème présentement. De plus, vous pouvez aller voyager présentement au Mexique sans problème et ce, à moindre coût!

Sans prendre la menace de la grippe porcine à la légère, il ne faut surtout pas paniquer et je n’ai aucun problème avec ça, mais ils me font vraiment rire les étatistes qui prétendent que l’État est là pour votre sécurité! Si les autorités étatiques avaient appliqué le même zèle répressif que dans le dossier du soi-disant “terrorisme” (là où j’ai un gros problème!), ça ferait déjà un bon bout de temps qu’aucun avion en partance du Mexique ne pourrait atterrir au Canada et aux États-Unis et qu’aucun avion étranger ne pourrait atterrir au Mexique!

Ne trouvez-vous pas qu’il s’agit là d’une insécurité à deux vitesses?

L’affaire Bonnardel-Normandeau: ce n’est pas moi qui va m’en offusquer mais…

Je suis en liesse! Les Montreal Habs sont balayés en 4 parties par les merveilleux Bruins de Boston! 🙂 NA NA NA NA…euh non pas tout de suite, j’en reparlerai une autre fois! Parlons d’amour à la place, les femmes aiment bien ça quand on ergote sur cette illusion idyllique possessive catho-étatiste à long terme! (même si à court terme, j’admets que ça peut être foutrement enivrant!)

Que c’est merveilleux! L’amour règne dans la politique culbécoise! Le dé-pute-é (pute est de circonstance) de Shefford, François Bonnardel de l’ADCul, couche avec le pouvoir, et pas avec n’importe qui, avec la Vice-Première Sinistre du Culbec, Sinistre des défusions municipales et Sinistre du Contrôle Centralisé des Régions, Nathalie Normandeau de la charogne soi-disant libérale!

Maintenant, je comprends en partie le résultat très étrange lors des dernières élections dans le comté de Shefford. À l’exception de son chef Mario Ducon, Bonnardel (je me demande s’il est BON eN ARrrière DELle! 😉 ) fut le seul candidat de l’ADCul en dehors du secteur Québec-Chaudière-Appalaches à être élu et ce, par un minuscule 70 voix. On comprend maintenant qu’il a reçu un coup de main libéral très utile, d’autant plus que la réélection de Normandeau était assurée dans le comté de Bonaventure.

Contrairement à beaucoup d’étatistes, cette relation amoureuse n’est pas le genre de truc qui m’offusque (évidemment, les crétins du PCul vont se scandaliser de ça, par simple opportunisme politique crasse! 😦 ) mais Jean-Claude Tremblay, candidat difficilement défait de la charogne soi-disant libérale dans Shefford, doit être furieux! De plus, si l’ADCul était cohérent avec son propre standard moralisateur et répressif, il demanderait à Bonnardel de démissionner, car les adéquistes étaient d’accord avec André Arthur et Jeff Fillion lorsque ceux-ci questionnaient les conflits d’intérêt relatifs à la vie privée des politiciens. Je vous rappelle que l’ADCul est devenu très fort dans la région de Culbec City en bonne partie à cause de ces deux ex-animateurs de radio-poubelle.

Tout de même, voici dix raisons qui font en sorte que ce vibrant amour ne m’offusque pas du tout:

1- Dans tout système capitalo-étatiste, coucher avec le sexe opposé a toujours été une recette très rentable pour obtenir de l’avancement. Dans un système machiste, il est très courant (c’est encore le cas dans plusieurs secteurs) pour les femmes de coucher avec des supérieurs masculins en retour de bénéfices à long terme. Dans un système fémi-favoritiste, il sera donc normal que des hommes couchent avec des femmes pour obtenir de l’avancement et ça arrivera de plus en plus souvent! La routine habituelle quoi!

2- Bonnardel est intelligent: il savait fort bien que l’ADCul allait se faire humilier lors des dernières élections. Il avait donc besoin d’aide pour se faire élire et assurer son avenir politique.

3- Les patroneux, les élites syndicaleuses et certaines organisations soi-disant criminelles couchent souvent avec le pouvoir pour obtenir des faveurs et peu de gens s’en offusquent. Donc, je ne vois pas ce qu’il y a d’aussi scandaleux dans cette idylle entre ces deux députés.

4- Je suis persuadé que ce n’est pas une première et que c’est arrivé plusieurs fois entre le PCul et le PLCul.

5- De nombreuses amitiés se sont déjà formées entre membres de partis politiques différents et les gens apprécient ces amitiés et considèrent ça comme une preuve d’ouverture d’esprit. En quoi ça devrait changer quelque chose qu’ils baisent ensemble? Au contraire, baiser est plus sain que de se masturber intellectuellement! Y a-t-il une ouverture d’esprit plus saine que de baiser ensemble malgré les différends idéologiques? Vite, il faut que je couche avec une fédéraleuse drouatiste étatiste pro-militariste! 😉

6- On va s’apercevoir de l’incohérence de l’ADCul dans ce dossier, et ce sera une bonne chose! Les adéquistes auraient été les premiers à déchirer leur chemise si le PCul aurait été impliqué dans une telle idylle. Rappelez-vous aussi ce que j’ai dit tout à l’heure concernant Jeff Fillion et André Arthur.

7- Le copinage entre les partis politiques est déjà établi depuis fort longtemps. Tous des étatistes ayant les mêmes idées ou presque, sauf dans quelques domaines. Qui se ressemble s’assemble! Tant qu’à être copains, aussi bien baiser ensemble! C’est plus plaisant comme ça!

8- Je n’embarque pas dans cette doctrine étatiste médiocratique qui prétend qu’on doive haïr à tout prix les partisans des autres partis.

9- Même si j’étais un député péquiste, je baiserais bien avec Nathalie Normandeau. Je la déteste mais je la trouve assez jolie quand même! 😉

10- J’espère qu’ils seront toujours ensemble dans quatre ans. De les remplacer par deux députés péquistes leur permettrait d’avoir plus de temps pour leur couple! 😉

Il y a beaucoup d’autres choses plus scandaleuses qui mériteraient bien plus qu’on s’y attarde. Un exemple? Prenez cette déclaration abjecte de Poutine Bolduc (merci Vincent! 🙂 ), concernant la soi-disant “sous-consommation” de médicaments dans les autres provinces canadian:

«Comme ministre de la Santé, je suis très content de voir qu’au Québec on est en avance sur toutes les autres provinces […]. C’est une bonne nouvelle […]. Au Québec, les gens consomment les médicaments qu’ils doivent consommer pour leur pathologie, tandis que dans les autres provinces ils ne consomment pas les médicaments qu’il faut.»

Voilà ce qui devrait faire la une des journaux, pas cette histoire d’amour qui, en passant, est loin d’être définitive pour le moment!

Couillard Difficile, Poutine Bolduc, même combat!

posterbolduc1

Conspuons TOUS les hymnes nationaleux, surtout celui du Cacanada!

Bob Gainey, directeur-gérant et entraîneur-chef des Montreal Habs Hockey Club (je les surnomme Les Plottes, en référence au fameux “Bande de…ppploottes!” de Gerry McGrath dans l’anti-film Slap Shot: mais quelle bonne traduction à la québécoise! 😉 ), hésite longuement à “dégainey” et à utiliser en séries le gardien qui a permis à son équipe de se qualifier pour les séries par la porte d’en arrière, i.e. Jaroslav Halak!

Par contre, il “dégaine” plus vite lorsque, voulant détourner l’attention en dehors de ses joueurs (une bonne vieille tactique), môssieu le donneur de leçons demande à ses groupies pro-Plottes de ne pas huer l’hymne nationaleux américain. Bien sûr, il faut bien honorer ceux qui soutiennent le sport professionnel, surtout quand ton sport est aussi moribond dans la vaste majorité des États américains. Quand une entreprise non-rentable continue d’opérer dans une région, dites-vous que l’État n’est jamais loin!

Tout de même, ça pourrait être encore pire! En France, les zoufs sarkonaziens veulent qu’on interdise de siffler la Marseillaise pendant les parties de foot! Putain, il ne faudrait pas que Sarko Labeaume (j’admets qu’il est moins pire que ce sac à merde de Nicolas Sarkonazi: au moins, le Démago-Maire de Culbec City est un méchant séparatiste qui le cache bien!) devienne Premier Sinistre du Culbec!

Mais de mon côté, j’ai une meilleure idée: pourquoi ne pas huer TOUS les hymnes nationaleux, surtout celui du Cacanada? Il me semble que ça ferait du bien! J’ai beaucoup plus de problèmes avec le fait d’applaudir un hymne nationaleux qu’avec celui de le conspuer! Au prix que les gens payent (avec le peu d’argent non-volé par l’État) pour assister à ce camp d’entraînement pour la saison de golf, ils peuvent bien dire ce qu’ils veulent, y compris huer Patrice Scrapwood! Pourquoi ne pas remplacer “Go Habs Go!” par “Fuck The Troops!”? Ou remplacer “Defense” (en anglais) par “Clito”, “Pénis” ou tout simplement “Offense”? Ou remplacer “ohé ohé ohé…” par “Charest, décrisse, décrisse, décrisse…décrisse, décrisse!” ?

Je souhaite une défaite des Plottes ce soir! Comme ça, la foule pourrait les huer vigoureusement et j’aimerais trop ça! (*sourire sadique* 🙂 ) Mais il ne faudrait pas que les Bruins prennent les Plottes à la légère ce soir.

Il est quand même ironique que les séparatistes ne voient généralement aucun problème avec le fait que le club de hockey professionnel de la métropole québécoise s’appelle LES CANADIENS…

AJOUT: Attention, je sais fort bien que l’appellation “Canadiens” est tout à fait logique historiquement. Mon propos questionnait la logique des séparatistes uniquement.

David Gendron

Suite à une mûre réflexion consécutive à certains propos concernant l’anonymat des blogueurs dans cet excellent article du Satellite Voyageur, j’ai pris la décision de laisser tomber mon pseudo lors des commentaires. Mon vrai nom est David Gendron, et je ne crois plus à la pertinence de l’anonymat complet. Il est temps que les anarchistes sortent du placard! Ceci dit, ce blogue s’intitulera toujours Anarcho-pragmatisme et rassurez-vous, je ne ferai pas peur aux lectrices en publiant ma photo! (sauf si une dame me le demande! 🙂 )

J’ai déjà eu l’honneur d’être publié dans le blogue du QL auparavant. Voici les liens vers les billets en question:

Les libertariens et les libertaires peuvent être des alliés stratégiques (j’ai certains regrets par rapport à ce billet, mais je suis toujours d’accord avec moi-même 😉 sur le principal)
Pour le refus de traitement chez les adultes consentants
L’État ne doit pas se mêler des affaires religieuses
Les dépenses de Lise Thibault versus le salaire de Don Cherry
Le Canada verse 7,7 millions $ à deux États plus riches que lui

De plus, j’ai aussi écrit ce commentaire qui est paru dans un billet de Reactionism Watch (je regrette certains de mes commentaires suite à ce billet: à l’époque, je confondais “capitalisme” et “marché”) concernant l’accessibilité (meilleure que vous le croyez) dans les universités américaines. Si vous apercevez le nom de David dans les commentaires sur le Blogue du QL, il y a de grosses chances que ce soit moi! De plus, comme beaucoup d’entre vous le savent, je suis le Davidg qui commentait entre autres sur UHEC.net à une autre époque.

J’ai décidé de prendre ce risque, je n’ai plus rien à perdre de toute façon et ce blogue n’est pas un blogue personnel non plus! S’il le faut, je serai un méchant BS parasite un jour! Tant pis! Les anarchistes qui se cachent donnent raison à l’État et à ses souteneurs capitaleux, et à ce que je sache, les libertariens ne se cachent plus! Pourquoi devrait-il en être autrement pour les anarchistes?

Sur un mythe fémi-favoritiste concernant les hommes qui haïssent les femmes rondes…

Le mythe fémi-favoritiste suivant est très tenace, même chez mes meilleurs amis (es):

Étant donné que les hommes sont plus superficiels que les femmes, les hommes aiment moins les femmes rondes que les femmes aiment les hommes ronds.

Je suis d’accord avec le fait que les individus (même les homosexuels) préfèrent généralement, du point de vue sexuel, les individus minces aux individus ronds. Par contre, jusqu’à présent (ou peut-être avez-vous des études à me suggérer à ce sujet?), je n’ai jamais eu de preuves de la véracité de ce mythe fémi-favoritiste méprisant, sauf peut-être pour l’attirance des femmes envers les hommes riches, cons et ronds (ce n’est qu’un témoignage de ma part et non pas un fait vérifié scientifiquement). Je dirais même plus: dans ma propre vie, c’est même le contraire du mythe qui se produit, sans prétendre que le contraire du mythe est vrai non plus.

Plusieurs ont tendance à formuler ce mythe dans le but de marquer la soi-disant plus grande superficialité des hommes concernant l’apparence physique du sexe opposé. Aussi, plusieurs femmes rondes, pourtant très jolies, intelligentes, intéressantes et fort désirables selon mon point de vue, ont la fâcheuse tendance, mais de bonne foi, à s’auto-dénigrer pour attiser la pitié chez les autres et utilisent ce mythe pour culpabiliser les hommes (mais pas nécessairement pour me culpabiliser personnellement) concernant la soi-disant “haine” des hommes pour leur soi-disant “laideur”.

Chers lecteurs, j’aimerais avoir vos témoignages là-dessus, parce que je commence à en avoir ras-le-bol de me faire casser les oreilles avec ce mythe!

P.S.: J’attends toujours l’équivalent féminin de ce site pro-femmes rondes de José Breton

Je fonde l'Association francophone pour la promotion de l'éducation non étatique!

Étant donné que l’État Culbécois et ses complices criminels syndicaleux m’empêchent de devenir un enseignant dans une école québécoise, je m’auto-proclame président-fondateur et directeur du contenu de l’Association francophone pour la promotion de l’éducation non étatique (mon nouveau blogue! 🙂 ), qui s’adressera à tout lecteur francophone ou à tout lecteur capable de lire en français, à tout le moins. Que pensez-vous de cette idée?

J’attends vos commentaires et suggestions et j’y reviendrai quand j’aurai plus de temps. Chose certaine, contrairement à ce présent blogue, je ne pourrai pas réaliser ce projet tout seul.

Rassurez-vous, ce présent blogue demeurera ma priorité mais voilà le genre de projet que devraient appuyer les anarchistes et tous ceux qui souhaitent une meilleure éducation pour tous, peu importe son idéologie politique. Mais ça me prend de l’aide!

À suivre…

Le massacre de Vimy revu et corrigé par Martin Masse

En rappel, voici un excellent texte de Martin Masse sur le massacre de Vimy, dont c’est le 92e anniversaire en ce jour d’hui. Vous allez comprendre qu’il n’y avait aucune légitimité réelle, autre que colonialiste, à déclarer la Première Guerre Mondiale et que cette guerre n’avait rien à voir avec la liberté. De plus, vous allez constater que la participation canadienne à cette guerre n’est pas aussi glorieuse que la quasi-totalité des nationaleux canadian le croient et que les Québécois (Canadiens Français à l’époque) avaient tout à fait raison de désapprouver la Conscription. Ça ne vous fait pas penser à quelque chose? N’oubliez jamais les leçons du passé!

Je vous suggère aussi de lire ce brillant texte de Zoe Suche sur le même sujet. Voici le texte de Martin Masse:

Vimy: un massacre peut-il donner naissance à une nation?

par Martin Masse

Le 9 avril 2002, le 85e anniversaire de la bataille de la crête de Vimy a été célébré au Canada. Cette prise d’assaut par des troupes canadiennes d’une position allemande fortifiée dominant la campagne environnante s’est déroulée un lundi de Pâques en 1917. Les Allemands contrôlaient la crête depuis le début de la guerre et des tentatives de la reprendre par les armées britannique et française avaient entraîné la mort de 200 000 soldats. Pour la première fois depuis le début de la Grande Guerre, 35 000 soldats provenant des quatre divisions du corps expéditionnaire canadien se sont battus en tant qu’unité nationale de combat, au lieu d’être divisés et utilisés pour appuyer et renforcer les divisions britanniques. Trois mille six cent furent tués et 7000 blessés, mais le résultat fut une victoire éclatante. Comme l’a souligné l’historien britannique John Keegan dans son volume The First World War, «Le succès des Canadiens a été sensationnel. Les épouvantables pentes nues et brisées de la crête de Vimy, sur lesquelles des milliers de Français étaient morts au bout de leur sang en 1915, furent prises en une seule lancée. Le sommet fut atteint et, sur l’abrupt versant opposé donnant vers l’est où s’entassaient l’artillerie et les troupes de réserve allemande, le regard du vainqueur pouvait embrasser toute la plaine de Douai.» Dans d’autres pays, cette percée mineure, lorsqu’on s’en souvient, n’est vue que comme l’une d’une interminable série de batailles qui ont eu lieu pendant les longues années de la guerre. Keegan la décrit simplement comme «la première journée de la bataille d’Arras». Mais ici, et en particulier au Canada anglais, cette bataille a pris les proportions d’un mythe national. Deux jours avant l’anniversaire, le quotidien montréalais The Gazette publiait, sous le titre «La naissance d’une nation» («The birth of a nation»), un article d’usage sur les étudiants et vétérans en visite sur le site de la bataille et sur le ministre donnant son discours prévisible appelant à «se souvenir de nos riches histoire et patrimoine militaires». Le jour suivant l’anniversaire, on retrouvait de nouveau la même notion dans le même journal: «Un vétéran de Vimy se souvient de la bataille qui a fait de nous une véritable nation.» Ce cliché repris un peu partout à chaque année à propos de la naissance d’une nation pendant que des milliers de jeunes hommes s’entretuaient dans un combat féroce provient d’une célèbre phrase du brigadier-général Alexander Ross, qui commandait le 28e bataillon à Vimy: «Le Canada de l’Atlantique au Pacifique défilait. Je me suis dit qu’au cours de ces quelques minutes, je venais d’être témoin de la naissance d’une nation.» Il s’agit en fait de sottises collectivistes à l’état pur, un mélange de mythologie nationaliste et de propagande militariste.

Mythologie nationaliste

Un lecteur ne connaissant pas trop l’histoire de la Première Guerre mondiale qui lirait une description de la bataille écrite par un commentateur canadien pourrait croire qu’elle a constitué un point tournant pour les alliés. Il apprendrait par exemple qu’elle «a constitué la première victoire majeure des alliés en deux ans et demi de combat. Grâce aux vaillants efforts du Canada, la guerre allait bientôt prendre fin.» Eh oui, ne riez pas!, c’est grâce à nous si les Boches ont finalement été repoussés et défaits. Les Français, les Anglais et les Américains, ils ne faisaient qu’éplucher les patates. La réalité est évidemment pas mal loin de ces prétentions. Ce n’est pas tellement à cause de la bravoure et de l’endurance surhumaine des soldats canadiens si les Allemands ont subi un tel revers à Vimy, mais plutôt, selon Keegan toujours, à cause d’«une déficience absolue en termes de nombre de divisions dans le secteur de Vimy-Arras. Les Français ont pu en apprécier la contrepartie au Chemin des Dames, où quinze divisions allemandes dédiées à une contre-attaque ont pu être rassemblées derrière les vingt-et-une en position de combat. Si les Allemands avaient été surpris à Vimy-Arras, c’est le contraire qui allait se produire sur l’Aisne […].» Sur cet autre front où la bataille eut lieu dans les jours suivants, 29 000 Français furent tués, une défaite qui allait briser tout espoir au sein de l’armée française et mener aux mutineries de l’été 1917. Le récit de cette guerre n’est qu’une suite sans fin, inimaginable dans son horreur et profondément déprimante d’assauts gigantesques où des dizaines de milliers d’hommes se font tuer, parfois en l’espace de quelques heures, la plupart du temps sans résultat concret. En tout, dix millions de personnes, soldats et civils, sont mortes durant la Première Guerre. Malgré l’ampleur de ce cataclysme, plusieurs croyaient, et croient encore, que c’est la participation du Canada à cette boucherie qui a entraîné «la naissance de la nation canadienne». La logique historique tordue qui sous-tend cette idée a un sens surtout pour les Canadiens anglophones, qui conçoivent de manière générale leur pays comme une partie de l’Empire britannique qui a grandi et s’est développé, et a finalement atteint l’âge adulte en tant que nation à toutes fins utiles indépendante après la Première Guerre mondiale. Le Canada était un dominion autonome au début du 20e siècle et dès que la mère-patrie partait en guerre, les colonies suivaient immédiatement et on s’attendait à ce qu’elles contribuent à l’effort de guerre. La bataille de Vimy est toutefois considérée comme l’élément déclencheur qui a donné une voix autonome au Canada. Après la guerre, il a obtenu un siège distinct à la Conférence de paix de Paris de 1919 et est devenu un acteur respecté sur la scène internationale. Il a également obtenu un siège à la Ligue des Nations. Avec d’autres dominions britanniques, il devenait finalement indépendant par l’adoption du Statut de Westminster en 1931. Voici quelques perles de mythologie nationaliste canadienne que l’on peut retrouver sur le Web: «Vimy est survenu exactement 50 ans après la Confédération. Jusque-là, les Canadiens avaient toujours combattu en tant que citoyens britanniques. Cette fois, ils sont allés au combat en tant que Canadiens.» «Pour la première fois, des Canadiens d’un océan à l’autre se sont tenus coude à coude et ont reçu des ordres de la part d’officiers canadiens à tous les niveaux d’autorité sauf le plus élevé.» «Pour les troupes canadiennes qui ont combattu à Vimy, il s’agissait de l’un de ces rares moments de vérité – pour la première fois, ils se reconnaissaient tels qu’ils étaient. Ils gravirent la crête porteurs d’une identité régionale et la redescendirent avec une identité nationale.» «Les milliers de Canadiens qui ont participé à cette féroce bataille peuvent témoigner de ses conséquences sur le nationalisme canadien, eux qui durant ces jours sombres ont compris pour la première fois le concept de la nationalité canadienne par opposition au colonialisme britannique.» Il s’agit là d’une construction historique qui n’a pourtant rien à voir avec la réalité. Il est de toute évidence absurde de prétendre que le Canada est né à Vimy. Les colons français, qui furent les premiers occupants européens du territoire que nous appelons aujourd’hui le Canada, sont arrivés trois siècles auparavant. N’avaient-ils aucune identité nationale pendant tout ce temps? Il n’est pas étonnant que cette mythologie liée à la bataille de Vimy n’ait jamais vraiment pris racine parmi les francophones du Québec. On pourrait sans doute affirmer que le Canada actuel est officiellement né lors de la Confédération de 1867. Mais pourquoi utiliser des dates qui correspondent à la mise en place ou à la transformation d’un régime politique? Les peuples et les États parasitaires qui se nourrissent de leur travail sont deux choses différentes. Les nations ne naissent pas tout d’un coup lorsque des politiciens signent des documents officiels, elles naissent et grandissent chaque jour lorsque les gens travaillent ensemble, échangent des biens et services, développent une culture et se donnent des points de référence communs. En bref, lorsqu’ils vivent leur vie et construisent leurs communautés de façon pacifique. Ce qui est né en avril 1917 n’est pas en réalité la nation canadienne, mais simplement le nationalisme canadien en tant qu’idéologie contemporaine, une idéologie qui a mené à une centralisation toujours plus poussée des pouvoirs à Ottawa et à un interventionnisme grandissant de l’État fédéral dans les décennies qui ont suivi, pour culminer durant l’ère Trudeau. Le Canada serait dans un bien meilleur état aujourd’hui si cette idéologie avait plutôt été avortée à Vimy.

Propagande militariste

Quoi que l’on pense de ce débat sur l’importance de la bataille de Vimy et de son rôle dans la cristallisation de l’identité canadienne, il existe une autre raison pour remettre en question l’importance que l’on accorde à cette bataille durant cette guerre en particulier. Les Canadiens n’auraient jamais dû y être en premier lieu. Le pays était âprement divisé en ce qui a trait au niveau de participation approprié à la guerre. Durant la guerre des Boers de 1899, la plupart des Canadiens français s’opposaient vivement — et avec raison — à une implication dans ce qu’ils considéraient comme l’une des sales petites guerres de conquête impérialistes de l’Angleterre sur d’autres continents. En 1914, la sympathie était plus grande pour le sort de la France, de la Belgique et de l’Angleterre, mais l’envoi de troupes suscitait malgré tout peu d’appui. Plusieurs considéraient que le Canada devait limiter sa participation à la fourniture de munitions et de nourriture. Et durant la crise de la conscription de 1917, tout comme lors de celle qui allait survenir durant la Seconde Guerre mondiale, les Canadiens français s’opposèrent de manière écrasante à un enrôlement coercitif, alors que la majorité des anglophones se montrèrent en faveur. Les francophones étant minoritaires, (environ le tiers de la population à l’époque), les forces proconscription remportèrent la bataille politique. Il existe une sorte de tabou aujourd’hui autour de cette question du faible enthousiasme des Canadiens français envers la participation du Canada à des guerres étrangères. Le consensus semble être que nous devrions en avoir honte, que cela démontre par exemple à quel point la population était influencée par l’antisémitisme et le fascisme durant la Seconde Guerre mondiale. Mais en 1917, la plupart des Canadiens français ne voyaient tout simplement pas ce qu’ils avaient à gagner à envoyer des milliers de leurs fils pour servir de chair à canon selon les caprices de généraux britanniques, dans des unités de combat où on leur donnait des ordres en anglais. Ils ne voyaient pas l’intérêt du Canada à envoyer plus de troupes dans un conflit qui ne posait aucune menace directe. Ils réagissaient instinctivement comme le font les citoyens de petits pays qui ne veulent pas être mêlés aux jeux dangereux des grandes puissances et des empires. Et ils avaient raison de penser ainsi. C’est un argument qu’on ne retrouvera pas dans les livres d’histoire officiels, mais une politique de non-interventionnisme dans les conflits étrangers, lorsqu’on l’applique de façon cohérente, est la meilleure façon d’éviter les conflagrations majeures et d’encourager la paix. Si seulement le Canada, et de façon bien plus cruciale les États-Unis, avaient décidé de ne pas intervenir dans cette stupide guerre européenne, on aurait évité des catastrophes sans nom et le monde serait sans doute dans un bien meilleur état aujourd’hui. Les chercheurs de l’École autrichienne, un courant de pensée qui défend sans compromis la liberté et l’antiétatisme, sont parmi les très rares qui défendent ce point de vue. Voici comment le professeur Hans-Hermann Hoppe résume la perspective révisionniste sur cette question:

Si les États-Unis avaient appliqué une politique étrangère strictement non interventionniste, il est probable que le conflit intra-européen aurait pris fin vers la fin de 1916 ou le début de 1917 à la suite de nombreuses initiatives de paix, particulièrement celle de l’empereur autrichien Charles 1er. De plus, la guerre se serait terminée par un compromis acceptable pour tous, sans que quiconque ne perde la face, plutôt que par l’imposition de termes par les vainqueurs sur les vaincus. En conséquence, l’Autriche-Hongrie, l’Allemagne et la Russie seraient restées des monarchies traditionnelles au lieu de devenir des républiques démocratiques éphémères. Avec un tsar russe et des empereurs allemand et autrichien en place, il aurait été presque impossible pour les bolcheviks de saisir le pouvoir en Russie et, en réaction à une menace communiste grandissante en Europe de l’Ouest, pour les fascistes et les nationaux-socialistes de faire de même en Italie et en Allemagne. Les millions de victimes du communisme, du national-socialisme et de la Seconde Guerre mondiale auraient été épargnées. L’interventionnisme étatique et le contrôle du gouvernement sur l’économie privée aux États-Unis et en Europe de l’Ouest n’auraient jamais atteint les niveaux que nous constatons aujourd’hui. Et plutôt que de voir l’Europe centrale et de l’Est (et par la suite la moitié du globe) sombrer dans le communisme et être saccagée, dévastée et tenue de force à l’écart des marchés de l’Occident, toute l’Europe (et le monde entier) serait demeurée intégrée sur le plan économique (comme au 19e siècle) dans un système planétaire caractérisé par la division du travail et la coopération. Les niveaux de vie auraient augmenté immensément plus à travers la planète que ce qui est arrivé en réalité. (Democracy: The God That Failed, 2001, p. xiii-xiv. Traduction de Martin Masse)

Ainsi donc, le Canada est «né», nous disent les idéologiques nationalistes et néoconservateurs du Canada anglais, lorsque de jeunes soldats canadiens ont tué de jeunes soldats allemands dans une guerre qui a fait du 20e siècle le siècle le plus sanglant et destructeur de l’histoire humaine. On peut remercier le ciel que les deux tiers des Canadiens, si l’on se fie à des sondages récents, soient tellement ignorants de l’histoire qu’ils ne savent même pas que la bataille de Vimy est la plus célèbre victoire du Canada durant la Grande Guerre. C’est vraiment le cas parfois que «ignorance is bliss» comme disent nos compatriotes. Parce qu’on aurait une justification pour détruire ce pays bien plus pertinente que les arguments proposés par les séparatistes québécois si sa population en venait à accepter majoritairement ceci comme son mythe fondateur officiel.

Trou d'un coup signé Mouton Marron!

En guise de commentaire en réaction à ce billet de Renart portant sur ce troublant billet du blogue imtl.com concernant une politique proposée de “volontariat coercitif” (sic) par Baraque “Uncle Tom” Osama, le Mouton Marron a pondu cette perle plus importante que la personnalisation politico-électoraliste du débat par les Républicains et les autres drouatistes étatistes:

Il paraîtrait que des gens élus projettent de diriger en sous-main une armée de fanatiques prêts à tuer pour que leur gourou conserve le pouvoir, mentant à la presse corrompue et se réunissant en cachette pour parler à des lobbyistes crapuleux qui profiteront de la crise pour s’enrichir pendant que leurs propres esclaves à eux crèveront de faim.

Mes sources m’affirment que ce complot aurait pour nom: “l’opération E.T.A.T.”  😉

Comme le disait si bien Serge Vleminckx quand celui-ci animait le mini-putt à RDS: IIIIIIINCROYAAAAAAAABLE! SUUUUUUUUUUPEEEEEEEEEEEEEEERBE!

Mais dans ce cas-ci, le Mouton Marron n’a pas réussi un biiiirdie. Mieux que ça, il a réussi un trou d’un coup…quoiqu’au mini-putt c’est la même chose! 😉

Réponses aux questions d'un fédéraleux mou

Dans son blogue, un certain AleK47, qui se décrit comme un fédéraleux mou, pose 10 questions aux séparatistes. Alors, en tant que séparatiste, ce billet présentera mes réponses.

Mais avant de répondre, j’y vais de ce commentaire: la beauté du projet séparatiste réside justement dans son incertitude face à ce qui se passera après sa réalisation, contrairement à l’immuable statu quo fédéraleux étatiste actuel. Par conséquent, mes réponses risquent d’être très redondantes. Ne pas confondre les niaiseries nationaleuses étatistes du PCUL avec ce qui se passera réellement après la séparation. De plus, j’invite les fédéraleux mous qui souhaitent la réduction de la taille de l’État à lire mon plaidoyer anarchiste en faveur de la séparation du Québec.

1. Quel système politique prônerons nous? Présidentiel, parlementaire, monarchie etc. et pourquoi?

On ne le sait pas, car nous le saurons lors des gouvernements subséquents après la séparation. Mais le PCUL a l’intention de continuer avec la médiocrassie parlementaire pseudo-représentative actuel. De plus, ce sera la fin de l’influence de la monarchie britannique, ainsi que la fin du Sénat et du lieutenant-gouverneur.

2. Le Québec indépendant sera-t-il unitaire ou une fédération?

On ne le sait pas, car nous le saurons lors des gouvernements subséquents après la séparation. Malheureusement, le PCUL prône un État unitaire encore plus centralisé que le Cacanada! 😦 Le PCUL devra abolir cette connerie de son programme, sinon la séparation du Culbec ne se fera jamais.

3. Quelle serait la politique en matière monétaire?

On ne le sait pas, car nous le saurons lors des gouvernements subséquents après la séparation. Mais plusieurs hypothèses ont été formulées à cet effet: monnaie Culbécoise avec taux de change flottant et masse monétaire variable (avec taux de change initial selon le dollar américain ou canadian), union monétaire avec le Cacanada, union monétaire avec les États-Unis. Personnellement, je souhaiterais soit une monnaie avec contrepartie métallique, soit une monnaie à masse monétaire fixe, avec un taux de change initial selon le dollar américain. La beauté est que le choix serait possible!

4. Quelle serait la politique en matière de défense et face à l’OTAN?

On ne le sait pas, car nous le saurons lors des gouvernements subséquents après la séparation. Mais grâce à la mentalité fortement anti-militariste des Québécois, il y a de bonnes chances que le Québec cesse sa participation à la coalition terroriste occidentale.

5. Quelle serait la politique face à l’ALENA?

On ne le sait pas, car nous le saurons lors des gouvernements subséquents après la séparation. Par contre, le Québec a tout intérêt à déréglementer davantage ses échanges. Rappelez-vous que ce sont des séparatistes qui ont été les plus ardents défenseurs du soi-disant libre-échange.

6. Comment le Québec pourra tirer son épingle du jeu sur la scène internationale, quel sera son poids diplomatique?

D’un point de vue étatiste, son poids diplomatique sera certainement plus fort que la quasi-nullité actuelle. Mais en tant qu’anarchiste, je m’en crisse!

7. Quelle est la certitude que le Québec indépendant conservera la pérennité de notre culture et du modèle Québécois?

Le français sera la langue officielle du Québec et il ne sera plus nécessaire d’avoir une loi liberticide comme la loi 101 pour “protéger” le français au Québec. De plus, l’État canadian n’interviendra plus dans la culture québécoise, ce qui va assurer encore plus l’épanouissement de la culture québécoise à long terme! Par contre, le modèle Culbécois d’État-nounou sera en danger avec la séparation du Québec, ce qui est une très bonne chose.

8. Est-ce que le Québec indépendant restera dans le Commonwealth?

Il est fort peu probable que le Québec fasse partie du Commonwealth et je ne crois pas que le Québec séparé serait intéressé à faire partie d’une institution coloniale britannique. De ne pas faire partie de cette inutilité bourreaucratique étatiste qu’est le Commonwealth est un argument en faveur de la séparation du Québec.

9. Comment voyez-vous nos relations avec nos futurs plus importants voisins, le Canada et les États-Unis?

Les relations seront meilleures avec les États-Unis qu’avec le Rest Of Canada (ROC). Les États-Unis seront trop heureux d’avoir un voisin canadian affaibli pour que ça soit autrement. De plus, le ROC et le Québec ont tout intérêt à entretenir de bonnes relations commerciales. Mais en tant qu’anarchiste, je m’en crisse.

10. Est-ce que le Québec peut en ce moment ouvrir la voie vers une indépendance en douceur ou, est-ce que seule la souveraineté peut permettre tous les changements nécessaires?

Politiquement, seule la séparation du Québec peut permettre les changements nécessaires. Par contre, de sérieux changements de mentalité seront nécessaires pour réaliser la séparation du Québec. Il faudra cesser d’entretenir le culte de l’État Tout Puissant et adopter une attitude volontaire plus saine, rejetant progressivement et de plus en plus la violence étatique pour régler les problèmes. De plus, il est fort possible de changer des choses en dehors de la politique en restant dans le Cacanada, mais c’est plus difficile.

J’espère que les fédéraleux mous qui liront ce billet se laisseront convaincre un jour mais je ne me berce pas d’illusions si on n’adopte pas une mentalité moins étatiste…