Mérite: autre réponse à Chantal Beaupré (partie III)

Ce billet est la suite du billet précédent concernant ma réponse à ce billet de Chantal Beaupré concernant le mérite.

En réponse au billet précédent, François Tremblay a eu la bonne idée de résumer succinctement ce débat:

Discussion sur le Mérite, en quatre actes.

Extrait #N:
Est-ce que X mérite ou ne mérite pas quelque chose? NON!

David Gendron:
C’est la faute de l’État, qui rend les choses bien pire.

Questionnement socratique:

Est-ce que l’État est interdit d’agir autrement?

David Gendron:
Non, mais c’est dans ses intérêts de classe.

FIN

🙂 🙂 🙂 🙂

Néanmoins, étant donné l’attitude respectueuse de Chantal Beaupré et le fait que la plupart de mes lecteurs en savent très peu sur l’anarchie (et au fond, je suis moi-même un ignare!), je vais poursuivre ma réponse.

Extrait #6 (de son billet initial):
Est-il immérité à un honorable père de famille de croupir dans la misère? NON!

David Gendron:
Personne ne mérite de croupir dans la misère. Mais, ceteris paribus (toutes choses étant égales par ailleurs), un honorable homme célibataire endurci le mérite encore moins que le même homme père de famille. Au moins, le célibataire a nui a l’État en ne procréant pas!

Questionnement socratique:
Sur quoi nous basons-nous pour affirmer hors de tout doute qu’un célibataire endurci, ayant nui à l’État en ne procréant pas, devrait automatiquement et obligatoirement être libéré de toute misère, comparativement à un homme père de famille?

Je lui suggère poser la question suivante: sur quoi se base-t-on pour affirmer qu’un honorable père de famille mérite plus de considération qu’un célibataire endurci?

Extrait #7:
Est-il injuste que des employés modèles soient mis à la porte, alors que d’autres, fort négligents, soient l’objet d’avancement? NON!

David Gendron:
Dans des organisations différentes, je suis d’accord, mais pas dans la même organisation. Dans un véritable libre-marché, les entrepreneurs ont tout intérêt à garder les meilleurs. Évidemment, dans les structures étatiques et dans les grandes corporations, ça ne fonctionne pas de la même façon!

Questionnement socratique:
Y a-t-il dans la réalité quelque chose qui interdise aux structures étatiques et aux grandes corporations de mettre à la porte les meilleurs employés – à nos yeux!- ou qui les oblige à agir d’une autre manière? Si tel est le cas, comment expliquer qu’il ait été possible aux structures étatiques et aux grandes corporations d’agir comme elles l’ont fait?

Y a-t-il dans la réalité quelque chose qui oblige les structures étatiques et les grandes corporations à toujours agir dans leur meilleur intérêt?

J’ai répondu à ces questions dans mon billet précédent, aux extraits #2 et #3.

Extrait #8:
Est-il illégitime qu’un célibataire sans responsabilité vive vieux et en santé? NON!

David Gendron:
Je suis d’accord. En fait, ceteris paribus, le célibataire sans responsabilité mérite de vivre plus vieux que le même homme marié avec responsabilités. Au moins, le célibataire a nui à l’État en ne se mariant pas!

Questionnement socratique:
Sur quoi nous basons-nous pour affirmer hors de tout doute qu’un célibataire sans responsabilité, ayant nui à l’État en ne se mariant pas, devrait automatiquement et obligatoirement vivre plus vieux, comparativement à un homme marié avec responsabilités?

Je lui suggère poser la question suivante: sur quoi se base-t-on pour affirmer qu’un homme marié mérite plus de considération qu’un célibataire endurci?

Extrait #9:
Est-ce que santé et longue vie sont dues à une mère de famille mono-parentale, ayant à sa charge quatre rejetons? NON!

David Gendron:
Je suis d’accord. En fait, ceteris paribus, la femme célibataire sans enfant mérite un meilleur sort que la mère mono-parentale. Au moins, la célibataire a nui à l’État en ne se faisant pas engrosser!

Questionnement socratique:
Sur quoi nous basons-nous pour affirmer hors de tout doute qu’une femme célibataire sans enfant, ayant nui à l’État en ne se faisant pas engrosser, devrait automatiquement et obligatoirement bénéficier d’une bonne santé et d’une longue vie, comparativement à une femme mono-parentale?

Je lui suggère de poser les questions suivantes:

1) Sur quoi se base-t-on pour affirmer qu’une mère mono-parentale mérite plus de considération qu’une femme célibataire?

2) Sur quoi se base-t-on pour affirmer qu’une mère mariée mérite plus de considération qu’une mère mono-parentale?

Extrait #10:
Est-ce que les efforts bien concertés d’une personne doivent absolument être couronnés de succès? NON!

David Gendron:
En effet, mais l’État ne doit pas faire en sorte que, dans un domaine donné, les efforts bien concertés d’une personne soient moins couronnés de succès que le parasitisme bien concerté d’une autre personne, comme c’est le cas présentement.

Questionnement socratique:
Y a-t-il dans la réalité quelque chose qui interdise à l’État d’agir comme elle le fait actuellement, ou qui l’oblige à agir d’une autre manière? Si tel est le cas, comment expliquer qu’il ait été possible à l’État d’agir comme elle l’a fait?

Y a-t-il dans la réalité quelque chose qui interdise à une personne de faire preuve de parasitisme bien concerté afin de faire en sorte que ses efforts soient couronnés de succès? Si tel est le cas, comment expliquer qu’il ait été possible à cette personne d’agir comme elle l’a fait?

J’ai répondu aux questions “Y a-t-il dans la réalité quelque chose qui interdise à l’État d’agir comme elle le fait actuellement, ou qui l’oblige à agir d’une autre manière?” et “Si tel est le cas, comment expliquer qu’il ait été possible à l’État d’agir comme elle l’a fait?” dans le billet précédent, à l’extrait #2.

À la question “Y a-t-il dans la réalité quelque chose qui interdise à une personne de faire preuve de parasitisme bien concerté afin de faire en sorte que ses efforts soient couronnés de succès?”, je répond NON! À titre illustratif, un cas de figure intéressant de parasitisme bien concerté est l’enrichissement spectaculaire de Sarko Labeaume, futur dictateur de Culbec City, qui ressemble plus à du “fourrage de système” qu’à du véritable entrepreneurship. En fait, c’est de l’entrepreneurshit capitaliste à son meilleur!

POUR LES AVOCASSEUX: JE SAIS FORT BIEN QUE SARKO LABEAUME N’A RIEN COMMIS D’ILLÉGAL SELON LA LOI ÉTATIQUE, MAIS LE MÊME RAISONNEMENT S’APPLIQUE À CERTAINS EMPLOYÉS DE LA VILLE DE CULBEC CITY QUE SARKO LABEAUME A LUI-MÊME QUALIFIÉ DE “FOURREURS DE SYSTÈME”! EST-CE SUFFISAMMENT CLAIR?

À la question “Si tel est le cas, comment expliquer qu’il ait été possible à cette personne d’agir comme elle l’a fait?”, je réponds que l’État agit tout simplement dans ses intérêts de classe.

La suite dans la prochaine partie…

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4 responses

  1. Coudon, j’ai engendré un MONSTRE!!! 😉

    1. Pour être plus précis, c’est MFL qui a créé le monstre, ensuite j’ai mis de l’huile sur le feu, et grâce à toi, Chantal Beaupré m’a inspiré à mettre encore plus d’huile sur le feu!

  2. “Y a-t-il dans la réalité quelque chose qui oblige les structures étatiques et les grandes corporations à toujours agir dans leur meilleur intérêt?”

    … hein?

    La question est BIZARRE, pour dire le moindre.

    C’est comme demander “pourquoi est-ce que tu agis en fonction de tes valeurs?” Pourquoi ferais-je autrement??

    Je pense que là est exprimée l’erreur fondamentale de ton interlocuteur, qui de toute évidence ne croît pas au libre arbitre.

    1. J’y perçois aussi une prémisse capitalo-étatiste. Cette question est bizarre en effet!

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