Monthly Archives: September, 2009

Speak white, un poème de Michèle Lalonde

Suite à cette suggestion pertinente de MFL, voici un autre court métrage de Pierre “Mussolini” (sic) Falardeau et Julien Poulin portant sur le poème Speak white de Michèle Lalonde. Avec la voix de Marie Eykel, la comédienne qui a joué le personnage de Passe-Partout, en prime! À part le terme “peuple”, qui est une abstraction collective, quoique moins pire que celle de “nation”, il n’y a rien d’autre de choquant pour un anarchiste dans ce poème, en principe. Malgré les dérives nationaleuses étatistes de certains séparatistes, incluant Falardeau lui-même (mais il était loin d’être le pire!), les anarchistes devraient toujours privilégier l’autodétermination des peuples (oui, je sais, la liberté des individus est la priorité mais c’est un moindre mal pour commencer!) plutôt que la centralisation néo-colonialiste, qui est une variété encore plus criminelle du nationalisme étatiste.

Encore une fois, voici le film, suivi du texte. Bon visionnement et bonne lecture!

Speak white

Speak white!
Il est si beau de vous entendre
Parler de Paradise Lost
Ou du profil gracieux et anonyme qui tremble dans les sonnets de Shakespeare

Nous sommes un peuple inculte et bègue
Mais ne sommes pas sourds au génie d’une langue
Parlez avec l’accent de Milton et Byron et Shelley et Keats
Speak white!
Et pardonnez-nous de n’avoir pour réponse
Que les chants rauques de nos ancêtres
Et le chagrin de Nelligan

Speak white!
Parlez de choses et d’autres
Parlez-nous de la Grande Charte
Ou du monument à Lincoln
Du charme gris de la Tamise
De l’eau rose du Potomac
Parlez-nous de vos traditions
Nous sommes un peuple peu brillant
Mais fort capable d’apprécier
Toute l’importance des crumpets
Ou du Boston Tea Party

Mais quand vous really speak white
Quand vous get down to brass tacks

Pour parler du gracious living
Et parler du standard de vie
Et de la Grande Société
Un peu plus fort alors speak white
Haussez vos voix de contremaîtres
Nous sommes un peu durs d’oreille
Nous vivons trop près des machines
Et n’entendons que notre souffle au-dessus des outils

Speak white and loud!
Qu’on vous entende
De Saint-Henri à Saint-Domingue
Oui quelle admirable langue
Pour embaucher
Donner des ordres
Fixer l’heure de la mort à l’ouvrage
Et de la pause qui rafraîchit
Et ravigote le dollar

Speak white!
Tell us that God is a great big shot
And that we’re paid to trust him
Speak white!
Parlez-nous production, profits et pourcentages
Speak white!
C’est une langue riche
Pour acheter
Mais pour se vendre
Mais pour se vendre à perte d’âme
Mais pour se vendre

Ah! Speak white!
Big deal
Mais pour vous dire
L’éternité d’un jour de grève
Pour raconter
Une vie de peuple-concierge
Mais pour rentrer chez nous le soir
A l’heure où le soleil s’en vient crever au-dessus des ruelles
Mais pour vous dire oui que le soleil se couche oui
Chaque jour de nos vies à l’est de vos empires
Rien ne vaut une langue à jurons
Notre parlure pas très propre
Tachée de cambouis et d’huile

Speak white!
Soyez à l’aise dans vos mots
Nous sommes un peuple rancunier

Mais ne reprochons à personne
D’avoir le monopole
De la correction de langage

Dans la langue douce de Shakespeare
Avec l’accent de Longfellow
Parlez un français pur et atrocement blanc
Comme au Viêt-Nam au Congo
Parlez un allemand impeccable
Une étoile jaune entre les dents
Parlez russe, parlez rappel à l’ordre, parlez répression
Speak white!
C’est une langue universelle
Nous sommes nés pour la comprendre
Avec ses mots lacrymogènes
Avec ses mots matraques

Speak white!
Tell us again about Freedom and Democracy
Nous savons que liberté est un mot noir
Comme la misère est nègre
Et comme le sang se mêle à la poussière des rues d’Alger ou de Little Rock

Speak white!
De Westminster à Washington, relayez-vous!
Speak white comme à Wall Street
White comme à Watts
Be civilized
Et comprenez notre parler de circonstance
Quand vous nous demandez poliment
How do you do?
Et nous entendez vous répondre
We’re doing all right
We’re doing fine
We are not alone

Nous savons que nous ne sommes pas seuls

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Réplique aux anarcho-fédéraleux de l'UCL-Montreal…

Pierre Falardeau serait bien d’accord avec moi: le fait d’insulter un mort n’est pas un problème (il l’a très bien fait à l’endroit de Claude Ratyan), c’est l’anarcho-fédéralisme qui est un problème! Continuez à raisonner en crétins, mes chers anarcons fédéraleux à marde!

Tant qu’à sombrer dans l’amalgame stupide, en voici un autre! Salut pourritures!

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Vive la séparation du Québec!

Le temps des bouffons, par Pierre Falardeau

Suite au décès du cinéaste-polémiste nationaleux (il y en a d’autres qui sont pires que lui) et séparatiste Pierre Falardeau, j’ai tout simplement décidé de placer ici ce que j’estime être son oeuvre la plus percutante, i.e. son court-métrage Le Temps des bouffons, dont le texte ne choquera aucun anarchiste, en principe. Je reviendrai sur Pierre Falardeau plus tard. En attendant, je vous suggère de lire cet excellent billet de MFL qui, contrairement à la plupart des autres, a bien su exposer autre chose que “Falardeau le militant séparatiste” et je me permets de citer ce passage que j’appuie entièrement:

Je n’ai jamais compris pourquoi les gens étaient si frileux, pourquoi ils craignaient tant ceux qui affirmaient leurs idées. Au contraire, il n’y a qu’eux qui méritent réellement notre respect, qu’on soit en accord ou non avec leurs discours. Ils sont importants ces grandes gueules car il n’y a qu’eux qui éveillent les consciences, qui réveillent les masses endormies et qui invitent des sujets à l’ordre du jour. Un monde sans pamphlétaires, sans polémistes ou sans personnages plus grands que nature serait gris et terne… (Il le devient d’ailleurs) Je ne veux pas d’un univers monochrome… Hélas, il semble que c’est ce genre de vie dont la population rêve. La routine sans heurt et un écran plasma pour pouvoir regarder Le Banquier à sa guise en écoutant les voix sans âmes des académiciens. La vie est courte, elle passe et reprend, il faut la déjouer en la provoquant, en réagissant, en prenant des risques, on n’a jamais rien d’autre à perdre que la vie en fait. Falardeau rêvait d’un monde où les gens avaient l’espoir de se battre pour leur survie et d’une vie qu’on pouvait sculpter de nos propres mains comme tant de pays qu’on a le droit de se créer, de s’approprier.

Petite précision avant que vous regardiez ce court métrage: je ne cautionne pas l’assassinat de Pierre Laporte par les felquistes mais je suis d’accord avec ce passage: “Au Ghana, les pauvres mangent du chien. Ici, c’est les chiens qui mangent du pauvre. Et ils prennent leur air surpris quand on en met un dans une valise de char.” Pour être encore plus précis, je trouve ce passage méprisant…pour les chiens!

Maintenant, voici le film et le texte.

Le temps des bouffons

On est au Ghana en 1957, avant l’indépendance. Jean Rouch tourne un documentaire, Les Maîtres fous, sur la religion des Haoukas. Chaque année, les membres de la secte se réunissent pour fêter. Ils sont possédés. Possédés par des dieux qui s’appellent le gouverneur, le secrétaire général, la femme du gouverneur, le général, la femme du docteur. En 1957, le Ghana, c’est une colonie britannique… quelques rois nègres pour faire semblant, mais les vrais maîtres sont anglais. Une colonie avec tout le kit: Union Jack, God Save the Queen, perruques, cornemuse, pis la face de la reine en prime. Ici, on connaît.

La religion Haoukas reproduit le système colonial en plus petit, mais à l’envers. Les colonisés se déguisent en colonisateurs, les exploités jouent le rôle des exploiteurs, les esclaves deviennent les maîtres. Une fois par année, les pauvres mangent du chien. Une fois par année, les fous sont maîtres. Le reste du temps, les maîtres sont fous.

On est au Québec en 1985. Chaque année, la bourgeoisie coloniale se rassemble au Queen Elizabeth Hotel pour le banquet du Beaver Club. Ici, pas de possédés, juste des possédants. A la table d’honneur, avec leur fausse barbe et leur chapeau en carton, les lieutenants gouverneurs des 10 provinces, des hommes d’affaires, des juges, des Indiens de centre d’achats, des rois nègres à peau blanche qui parlent bilingue. Comme au Ghana, on célèbre le vieux système d’exploitation britannique. Mais ici, c’est à l’endroit. Ici, les maîtres jouent le rôle des maîtres, les esclaves restent des esclaves. Chacun à sa place!

– Bonsoir, mesdames et messieurs. Good evening, ladies and gentlemen. My name is Roger Landry. I am your president of the Beaver Club. It is my privilege to welcome you to the twenty-seventh annual dinner of the Beaver Club celebrating this year the two-hundredth anniversary of the Beaver Club in Montreal. Sont réunis ici ce soir, dans cette illustre enceinte, des personnalités dont le seul nom évoque assurément la grandeur et l’honorabilité; puisque, en fait, à cette table ils sont tous honorables. En titre… Mais rassurez-vous, ce soir, exceptionnellement, ils redeviennent tous humains et les règles du protocole sont dès maintenant abolies. Avant de ce faire, j’ai reçu, il y a quelques instants, a few minutes ago this telegram: I am very sorry that I am unable to be with you tonight, but I am pleased to be able to send congratulations on the occasion of the anniversaries. Je vous souhaite à tous une soiré agréable et au Beaver Club beaucoup de succès dans les années à venir. The right honorable prime minister of Canada, Brian Mulroney.”

Des bourgeois pleins de marde d’aujourd’hui déguisés en bourgeois pleins de marde d’autrefois célèbrent le bon vieux temps. Le bon vieux temps, c’est la Conquête anglaise de 1760; par la force des armes, les marchands anglais s’emparent du commerce de la fourrure. Chaque année, les grands boss se réunissent pour fêter leur fortune. Ils mangent, ils boivent, ils chantent. Ils s’appellent McGill, Ellice, Smith, Frobisher, Mackenzie. C’est ca, le Beaver Club il y a 200 ans. C’est la mafia de l’époque. Ils achètent tout : les terres, les honneurs, les médailles, le pouvoir, tout ce qui s’achète. La gang de fourrure forme lentement l’élite de la société. Les voleurs deviennent tranquillement d’honorables citoyens. Ils blanchissent l’argent sale en devenant banquiers, seigneurs, politiciens, juges. C’est ça, le Beaver Club au début.

Deux cents ans plus tard, leurs descendants, devenus tout à fait respectables, font revivre cette fête par excellence de l’exploitation coloniale. Le gros Maurice, ministre des Forêts, devenu boss d’une multinationale du papier. Jeanne Sauvé, sa femme, administrateure de Bombardier, d’Industrial Insurance, et gouverneuse générale. Marc Lalonde, ancien ministre des Finances, maintenant au conseil d’administration de la City Bank of Canada. Francis Fox, ministre des Communications, engagé; par Astral Communications. Toute la gang des Canadiens français de service est là, costumé en rois nègres biculturels. Des anciens politiciens devenus hommes d’affaires. Des anciens hommes d’affaires devenus politiciens. Des futurs politiciens encore hommes d’affaires.

Toute la rapace est là: des boss pis des femmes de boss, des barons de la finance, des rois de la pizza congelée, des mafiosos de l’immobilier. Toute la gang des bienfaiteurs de l’humanité. Des charognes à qui on élève des monuments, des profiteurs qui passent pour des philanthropes, des pauvres types amis du régime déguisés en sénateurs séniles, des bonnes femmes au cul trop serré, des petites plottes qui sucent pour monter jusqu’au top, des journalistes rampants habillés en éditorialistes serviles, des avocats véreux, costumés en juges à 100 000$ par année, des liche-culs qui se prennent pour des artistes. Toute la gang est là : un beau ramassis d’insignifiants chromés, médaillés, cravatés, vulgaires et grossiers avec leurs costumes chics et leurs bijoux de luxe. Ils puent le parfum cher. Sont riches pis sont beaux; affreusement beaux avec leurs dents affreusement blanches pis leur peau affreusement rose. Et ils fêtent…

Au Ghana, une fois par année, les pauvres imitent les riches. Ici, ce soir, les riches imitent les riches. Chacun à sa place… Les bourgeois anglais se déguisent en bourgeois anglais, les collabos bilingues s’habillent en collabos bilingues, souriant et satisfaits, les Écossais sortent leur jupe écossaise, les Indiens se mettent des plumes dans le cul pour faire autochtones. On déguise les Québécois en musiciens pis en waiters. Les immigrés? Comme les Québécois, en waiters! Chemises à carreaux et ceintures fléchée. Manque juste les raquettes pis les canisses de sirop d’érable. Des porteurs d’eau déguisés en porteurs de champagne. Alouette, gentille alouette!

C’est toute l’histoire du Québec en raccourci. Toute la réalité du Québec en résumé : claire, nette pour une fois, comme grossie à la loupe. Ce soir, les maîtres fêtent le bon vieux temps. Ils fêtent l’âge d’or et le paradis perdu. Ils crient haut et fort, sans gêne, leur droit au profit, leur droit à l’exploitation, leur droit à la sueur des autres. Ils boivent à leurs succès. Ils chantent que tout va bien, que rien ne doit changer, que c’est pour toujours… toujours aux mêmes, toujours les mêmes.

Ils sont pareils partout… à New York, à Paris, à Mexico. Je les ai vus à Moscou vomir leur champagne et leur caviar sur leurs habits Pierre Cardin. Je les ai vus à Bangkok fourrer des enfants, filles ou garçons, pour une poignée de petit change. Je les ai vus à Montréal dans leur bureau avec leurs sales yeux de boss, leur sale voix de boss, leur sale face de boss, hautains, méprisants, arrogants. Des crottés avec leur chemise blanche pis leur Aqua Velva. Minables avec leur Mercedes pis leur raquette de tennis ridicule. Comme des rats morts. Gras et épais avec leurs farces plates pis leurs partys de cabane à sucre. Pleins de marde jusqu’au bord à force de bêtise et de prétention. Crosseurs, menteurs, voleurs. Et ça se reproduit de père en fils. Une honte pour l’humanité!

Au Ghana, les pauvres mangent du chien. Ici, c’est les chiens qui mangent du pauvre. Et ils prennent leur air surpris quand on en met un dans une valise de char.

– Ensemble, merci au chef, nos applaudissements, nous lui disons merci. Ladies and gentlemen, together let’s thank magnificently. Bravo! Et maintenant, as president of the Beaver Club, may I say to you the following : never any club has been so honoured and so magnificently rewarded on its two-hundredth anniversary to have such a magnificent membership as you are. A vous tous, nos membres, à nous tous, applaudissons-nous. We are magnificent people and I raise my hat to all of us. Bravo. You are as beautiful as I think I am. Thank you very much. Good evening. Bravo. Good night. Tout le monde, les serviettes, on fête, on témoigne notre appréciation. Everyone, yes, that’s right! Bravo.

Applaudissons-nous. We are magnificent people. Quelle bouffonnerie!

– Bravo. God bless you.

“Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux.”
La Boétie

Louise Harel et son anglais déficient: fuck les nationaleux linguistiques!

Ma langue maternelle est le français et je ne parle pas assez bien l’anglais pour me considérer comme bilingue. Non pas parce que je suis trop con pour être bilingue ni parce que je suis un raciste anglophobe (ce qui n’est surtout pas mon cas), mais tout simplement parce que je suis trop lâche pour apprendre adéquatement l’anglais présentement. Je sais fort bien que je peux devenir bilingue ou même mieux mais ça ne me tente pas de mettre le peu d’effort nécessaire pour y arriver, alors je me contente d’ajuster mon degré d’apprentissage selon mes besoins courants, avec le moins d’effort possible. Au moins, je peux me targuer d’être probablement l’anarchiste qui s’intéresse le plus à la blogosphère anarchiste anglophone au Québec mais j’admets qu’il est dans mon intérêt de corriger un jour mon attitude paresseuse dans ce dossier.

Mais chose certaine, si je me présentais en politique (ce qui est impensable dans les faits), il serait dans mon intérêt de mettre les efforts nécessaires pour devenir bilingue au plus sacrant et je ne me bornerais pas à ne pas me donner la peine d’apprendre l’anglais, contrairement à l’attitude rétrograde de Louise Harel, ex-fémi-favoritiste en chef du caucus du PCul et candidate à la mairie de Montreal for the Montreal Vision Party, qui aurait dû apprendre l’anglais depuis fort longtemps. Bref, si je me présentais en politique, ce serait un bon contexte pour apprendre l’anglais et je mettrais certainement les efforts pour devenir bilingue, tout simplement parce qu’il serait dans mon intérêt d’agir ainsi.

Je vois seulement trois raisons qui peuvent expliquer l’attitude de Louise Harel. Procédons par élimination pour deviner laquelle est la plus probable.

1) Elle est trop conne pour apprendre l’anglais. Ça m’étonnerait puisqu’en étant détentrice d’une licence en droit de l’Université de Montreal, elle est certainement plus intelligente que la moyenne des anglophones et des allophones de Montreal qui sont incapables d’apprendre le français. Dois-je aussi vous rappeler que ces anglophones et ces allophones de Montreal vivent actuellement dans le Cacanada, un pays avec l’anglais comme langue officielle, et le français comme langue accessoire pour amadouer les fédéraleux mous du Québec? De plus, étant donné que tous les politiciens sont plus intelligents que moi (Éric “Dongons et Dragons” Caire en est un bon exemple!), Louise Harel est suffisamment intelligente pour apprendre l’anglais.

2) Elle est trop lâche pour apprendre l’anglais. Ça m’étonnerait aussi, car étant donné que tous les politiciens travaillent extrêmement fort, je ne crois pas qu’elle soit lâche au point de ne pas vouloir apprendre l’anglais comme moi.

3) Elle est une raciste anglophobe. Étant donné que j’ai écarté les deux autres raisons, j’opte malheureusement pour cette option, à moins que Louise Harel ne me démontre elle-même que j’ai tort. Idem pour Pauline Marois, quoiqu’il semble qu’elle fait des efforts pour y arriver présentement, au moins. Le racisme anglophobe est malheureusement une caractéristique présente chez certains apparatchiks nationaleux linguistiques du PCul, qui prônent une police de la langue et des lois linguistiques fascistes comme la loi 101 (fortement appuyé même en dehors de ce cercle d’apparatchiks, malheureusement), particulièrement dans le domaine de l’affichage. Voilà qui est bien pire que la soi-disant “maladresse” des “votes ethniques” de Jacques Parizeau, un politicien qui a pris le temps d’apprendre l’anglais!

Néanmoins, dans le reste de ce billet, je vais faire semblant que les deux autres options sont possibles.

Dans la blogosphère québécoise (moi inclus), Riri Tartineau y est fortement contesté. Mais quand celui-ci adopte les positions officielles des nationaleux linguistiques culbécois, il est applaudi à tout rompre, même quand il écrit des conneries comme ce torchon pourtant acclamé par la critique, que je vais commenter ici. Voilà pourquoi il continue à écrire chez Culbécor! Comme d’habitude, voici les extraits suivis de mes commentaires.

Pour certains commentateurs, le fait que l’ex-ministre Louise Harel ne parle pas anglais est un scandale. Comment peut-on briguer le poste de mairesse de Montréal si on ne sait pas se débrouiller dans la langue de Shakespeare?

Le scandale provient de ce que j’ai dit plus tôt. Elle refuse d’apprendre l’anglais, soit parce qu’elle est soit trop conne, soit parce qu’elle est trop lâche ou soit parce qu’elle est une raciste anglophobe, ce qui est inacceptable pour les non-francophones de Montreal et je comprends très bien leurs craintes là-dessus!

Après tout, Montréal est une métropole bilingue, non ?

TRENTE-DEUX ANS PLUS TARD

Eh bien, non, n’en déplaise aux anciens membres du Parti Égalité, Montréal n’est pas une ville bilingue.

Lisez la charte de la Ville qui a est entrée en vigueur le 1er janvier 2002. L’article premier est très clair là-dessus :
« Montréal est une ville de langue française. »

Pas une ville bilingue comme Ottawa ou Fredericton : une ville DE LANGUE FRANÇAISE.

On s’en crisse des maudites chartes linguistiques fascistes à la con! DANS LES FAITS, Montreal est certainement une ville plus bilingue qu’Ottawa et Fredericton, qui sont officiellement bilingues à cause des séparatistes, et ça contribue à la richesse culturelle de Montreal, ce qui est une très bonne chose!

Au lieu de se demander pourquoi la chef de Vision Montréal ne parle pas anglais, on devrait plutôt se demander pourquoi, TRENTE-DEUX ANS après l’adoption de la loi 101, il y a encore des anglophones unilingues à Montréal.

C’est ça, la vraie question. C’est ça, le vrai scandale.

Le plus gros scandale ici, c’est que Tartineau cautionne le fait que Louise Harel refuse d’apprendre l’anglais soit par connerie, soit par lâcheté, soit par racisme, alors que les “méchants anglais” et les “méchants immigrants” de Montreal n’auraient pas le droit d’être trop cons, trop lâches ou trop racistes pour apprendre le français, selon lui.

De plus, si personne ne veut leur enseigner le français, comment ces gens-là pourront l’apprendre? Je suis même prêt à offrir mes propres services à faible coût (étant donné que les nombreux jeunes diplômés en français coûteraient trop cher (sic), semble-t-il) pour enseigner le français à ces gens-là, ce qui me permettrait de crisser mon camp de Labeaume City! Je suis même prêt à me former encore plus adéquatement pour obtenir une connaissance encore plus accrue du français et de l’anglais que celle que j’ai présentement. Mais comme les nationaleux linguistiques préfèrent des enseignants peu compétents mais expérimentés aux jeunes compétents, vulgate syndicaleuse oblige, mieux vaut que je laisse cette idée de côté!

Le vrai scandale n’est pas que Louise Harel ne maîtrise pas la langue de Mordecai Richler.

Évidemment, il utilise le nom de Mordecai Richler pour démoniser le fait anglais an Québec! Au moins, ce raciste anti-québécois parlait mieux le français que Harel parle l’anglais. Autrement dit, même un raciste anglophobe le moindrement vaillant et intelligent peut apprendre l’anglais!

C’est qu’il faut organiser des débats en anglais afin que les anglophones unilingues sachent pour qui voter lors des prochaines élections municipales !

Et alors? Il y a bien un débat en français afin que les unilingues francophones sachent pour qui voter lors des élections fédérales!

Tu habites Montréal et ta méconnaissance du français t’empêche de participer aux affaires de la cité ?

C’est TON problème, Johnny, pas le problème du chef de Vision Montréal !

Gageons que Tartineau ne dirait pas la même chose à propos d’un hypothétique chef de parti fédéraleux unilingue anglophone se présentant aux élections fédérales!

SPEAK WHITE

C’est toujours la même histoire. Six francophones prennent une bière avec un anglo et l’anglo ne parle pas français ? Les six francophones vont se mettre à parler anglais pour qu’il se sente moins seul.

Je suis d’accord avec lui cette fois-ci mais ça n’a rien à voir avec l’attitude de Louise Harel dans ce dossier. J’essaie toujours de parler en français dans mes conversations avec les autres, mais ça ne me rend pas anglophobe pour autant!

Je ne dis pas qu’il ne faut pas parler anglais au Québec, ni que la connaissance de l’anglais n’ouvre pas de portes.

Je dis qu’il n’est pas OBLIGATOIRE de parler anglais pour devenir maire de Montréal.

Personne n’a dit le contraire mais Louise Harel en paiera le prix politique, comme tout bon médiocrate! Au Québec, on aime bien démoniser Stephen Art-Peur en partie à cause de son accent prononcé lorsqu’il parle le français. Pourtant, celui-ci parle bien mieux le français que Harel parle l’anglais.

Le maire de Montréal n’est pas Secrétaire d’État ou ministre des Affaires étrangères. Il ne patrouille pas la planète et n’essaie pas de trouver des solutions au conflit qui déchire la Palestine : il gère la collecte des vidanges et le déneigement des rues.

Et le maire de Montreal ne gère pas les vidanges et le déneigement des rues des non-francophones, je suppose? Et la Ville de Montreal ne vole pas des taxes dans les poches des CONtribuables non-francophones, je suppose?

Ce n’est pas les élus ni les candidats à la mairie qui doivent faire un effort pour se faire comprendre des anglophones : ce sont les anglophones qui doivent faire un effort pour s’intégrer à la majorité !

Alors, que les unilingues francophones séparatistes du Québec fassent un effort pour s’intégrer à la majorité anglophone fédéraleuse du Cacanada! Si un fédéraleux osait me dire le même genre de vomissure, je serais parmi les premiers à le dénoncer. La même chose s’applique dans ce cas-ci!

C’est à eux de se grouiller ! C’est sur LEURS ÉPAULES que repose le fardeau de l’intégration !

C’est aux unilingues francophones séparatistes de se grouiller! C’est SUR LEURS ÉPAULES repose le fardeau de l’intégration à la majorité anglophone fédéraleuse cacanadian!

LES DESCENTES DE LIT

Organiser des débats en anglais pour expliquer les différents enjeux de la campagne électorale municipale aux anglophones de Montréal, c’est comme donner des cours de français en joual pour faciliter la tâche des étudiants.

C’est contre-productif.

Organiser des débats en français pour expliquer les différents enjeux de la campagne électorale fédérale aux francophones du Québec, c’est comme donner des cours d’anglais en English Canadian Slang pour faciliter la tâche des étudiants.

Pourquoi les anglophones feraient un effort pour se rapprocher de nous si on leur donne tout cuit dans le bec?

Pourquoi les anglophones feraient un effort pour se rapprocher des séparatistes et s’intéresser au projet séparatiste si les nationaleux les méprisent?

Cela dit, ce réflexe ne me surprend pas une miette. On est comme ça, au Québec : on passe notre temps à baisser la barre.

Tu coules ton examen de maths ? Pas de problème, on va le réécrire pour le rendre plus facile.

Comme si ce n’était pas semblable ailleurs en Occident! Aucun rapport!

Tu es musulmane et tu refuses de te baigner avec les hommes? Pas de problème, on va organiser des baignades pour femmes seulement.

Encore sa putain de marotte islamophobe! Bien sûr, les accommodements déraisonnables financés par l’État doivent être dénoncés et je suis en faveur de la laïcité de l’État, mais si les fervents croyants se le financent eux-mêmes, ce n’est pas de nos crisses d’affaires!

Tu es anglophone unilingue et tu éprouves de la difficulté à comprendre ce que je dis? No problem, I’m gonna talk in english so you can follow the conversation.

Et les francophones bilingues ou baragouinant l’anglais vont faire comment pour communiquer avec les unilingues anglophones? Impensable de leur enseigner le français sans leur adresser la parole d’abord en anglais. Bien sûr, c’est une bonne chose d’essayer de leur parler quand même en français (ce que j’essaie toujours de faire!), mais il faut prendre le temps et non pas jouer au jeu de la confrontation des nationaleux linguistiques!

Et après ça, les nationaleux étatistes se demandent pourquoi les anarchistes, les libertariens et les autres “réductionnistes de la taille de l’État” du Québec sont généralement contre la séparation du Québec. Ce n’est certainement pas en adoptant cette attitude de repli linguistique sur soi, avec la violence étatique en prime, que les nationaleux vont changer cette perception. Mais contrairement à la majorité des anarchistes et des libertariens du Québec, je suis capable de faire la différence entre un discours nationaleux stupide vomi par un parti politique nationaleux à la noix et un projet séparatiste qui favorisera le mouvement anarchiste au Québec.

Fuck les nationaleux linguistiques qui nuisent à l’essor du mouvement séparatiste au Québec par leur discours fascisant! Je suis ailleurs…

P.S.: Ce billet n’a pas pour but d’appuyer Gérald “grappes corpo-fascistes” Tremblay. D’un point de vue strictement étatiste, la validité d’un candidat ne dépend pas uniquement de ses connaissances linguistiques. En fait, selon moi, Harel ou Tremblay, c’est presque du pareil au même: un “pro-étatisme tentaculaire et obèse” fédéraleux et une “pro-étatisme tentaculaire et obèse” nationaleuse! Mais à mon avis, le moins pire des scénarios pour les Montrealers serait que Tremblay soit réélu mais minoritaire au Conseil.

Campagne anti-recrutement militaire dans les écoles: bravo à la CSQ!

Merci à Nicolas de Voix de Faits pour le tuyau.

Même si je n’ai rien contre l’anarcho-syndicalisme, je suis un anti-syndicaliste au sens étatiste du terme et je recommande à tous les anarchistes d’adopter ce point de vue. J’expliquerai pourquoi dans un prochain billet.

Néanmoins, la Congrégation Syndicaleuse du Culbec (CSQ) me fait plaisir avec leur nouvelle campagne anti-recrutement militaire dans les écoles. Voici des extraits de leur argumentaire:

Argument 1

L’armée a besoin de relève. Elle séduit les jeunes, car cela sert ses intérêts

Depuis l’intensification de la guerre en Afghanistan, une campagne massive de relations publiques de l’armée a cours. L’ordre a été donné à tous les militaires de prendre part active au processus de recrutement des jeunes, dans le but de pallier le départ des baby-boomers et de remplir les mandats offensifs.

Argument 2

L’armée approche les jeunes dans les établissements secondaires

Du recrutement, il y en a partout, dans toutes les régions du Québec ! Les recruteurs de la réserve tiennent des kiosques dans les écoles secondaires et les cégeps. Ils se déplacent directement dans les institutions scolaires pour faire signer le contrat d’engagement aux jeunes recrutés. Pour voter ainsi que pour acheter du tabac et de l’alcool, on doit avoir 18 ans. Toutefois, on permet aux jeunes d’être dans des organisations militaires à 12 ans, grâce aux cadets. Ensuite, à 16 ans, on peut joindre la réserve de l’armée.

(…)

Argument 5

Nos écoles ne devraient pas être liées à l’armée

L’armée n’a pas sa place dans notre système d’enseignement: c’est une institution discriminatoire qui vise prioritairement les gens issus de communautés à faible revenu. De plus, la vision de la carrière de militaire qui est apportée par les recruteurs est trompeuse et bien loin de la réalité. Les soldats n’ont pas comme rôle d’effectuer des missions humanitaires, mais plutôt de procéder à des missions offensives. Travailler pour la paix n’implique pas d’apprendre à utiliser des armes, mais plutôt à développer des réflexes pacifiques permettant de prévenir les conflits. (…)

Cependant, la CSQ ne va pas au bout de sa logique. En plus de combattre le recrutement militaire, initiative que j’appuie entièrement, pourrait-on abolir une fois pour toutes l’école obligatoire et l’école étatique afin de cesser le recrutement étatiste, syndicaleux et capitaliste envers les jeunes dans les écoles? Évidemment, les syndicaleux du milieu de l’enseignement ne le proposeront jamais, puisque ça mettrait un terme à leurs opérations de propagande envers les jeunes et à leurs autres activités criminelles!

CECI ÉTANT DIT, l’initiative de la CSQ mérite d’être applaudie beaucoup plus que celle de ce politico-journaleux de bécosse qu’est Averell Dalton Gérard Deltell, qui souhaite que l’on renomme l’Autoroute Henri IV à Québec en “Autoroute de la Bravoure” pour souligner l’invasion criminelle de l’Afghanistan par les Farces Armées Cacanadian. Quoique d’un autre côté, c’est quand même moins pire de vénérer les crimes commis par des soldats insignifiants suivant les ordres des autorités politiques pro-terroristes que d’honorer la mémoire d’un criminel étatique comme Henri IV, le Roi de France au moment de l’arrivée de Champlain le colonialiste à Québec, ou de vénérer un misogyne anti-vote des femmes comme Henri Bourassa en nommant un boulevard à son nom à Québec, dans l’ancien Charlesbourg…

Réal Ménard, un politicien qui défend fièrement ses convictions!

Réal Ménard, l’ex-terroriste anti-gang en chef du Bloc Culbécois, encore plus à drouate que les CONservateurs en ce qui concerne les lois anti-gang et la lutte terroriste contre la drogue, est un politicien qui défend fièrement sa carrière ses convictions personnelles. En effet, il se présente aux élections municipales de Montreal en tant que renifleur de pets-de-soeur conseiller municipal pour le parti de l’ex-fémi-favoritiste en chef du Parti Culbécois, Louise “fusions forcées” HAHAHAHArelaprès avoir vanté à tour de bras son adversaire Gérald “grappes corpo-fascistes” Tremblay. 😉

Réal Ménard, un homme intègre et solide dans ses convictions profondes…comme presque tous les politiciens, bien sûr! Que c’est merveilleux, la médiocrassie pseudo-représentative! 😉

Anarcho-capitalisme: distinguer son discours néfaste de sa pratique pas si néfaste

Dans ce billet, j’avais expliqué pourquoi je me considère comme un anarcho-centriste (notez que le même billet est publié sous l’onglet “Anarcho-centrisme séparatiste?” juste en dessous de l’en-tête de ce blogue) mais ça ne veut pas dire que les divers courants anarchistes ne m’intéressent pas. Par exemple, je vais vous parler de l’anarcho-capitalisme, ou anarchisme de droite, dans ce présent billet.

J’estime que, dans certains domaines, le discours des anarchistes de droite est néfaste pour les anarchistes, ce qu’Anne Archet a très bien expliqué ici et ce que François Tremblay et Noor ont encore mieux fait. Mais j’estime tout de même qu’en y réfléchissant un peu, la pratique de l’anarcho-capitalisme ne serait pas si néfaste, surtout en comparaison avec le contexte capitalo-étatiste actuel. Bref, contrairement à beaucoup d’anarchistes, je ne considère pas les anarcho-capitalistes comme des ennemis à abattre et je ne me considère pas comme un ennemi des anarchistes de droite, bien au contraire, et j’aimerais beaucoup mieux vivre dans un monde anarchiste de droite que dans le système capitalo-étatiste actuel, même si ça ne me satisferait pas complètement. Aie, aie, aie, je sens que beaucoup d’anarchistes vont me tirer des roches! 😉 Il est possible que je m’explique un peu plus dans un prochain billet, selon les réactions.

Maintenant je vais expliquer pourquoi j’estime que le discours des anarchistes de droite est néfaste, mais en le distinguant de sa pratique pas si néfaste, selon trois domaines précis: les hiérarchies, la propriété et le profit.

1) Parlons d’abord des hiérarchies. J’ai expliqué en partie dans ce billet pourquoi les hiérarchies étaient immorales d’un point de vue anarchiste. Cependant, les anarchistes de droite vont à l’encontre des intérêts des anarchistes en étant en faveur des hiérarchies, surtout celle entre les patrons et les employés, ce que je dénonce. Néanmoins, en accomplissant l’abolition de la principale source des hiérarchies et de la structure hiérarchique la plus oppressive, i.e. l’État, un monde anarchiste de droite contribuerait quand même à l’éradication des hiérarchies, même si cela est insuffisant pour moi. En fait, dans un monde anarchiste de droite, les hiérarchies seraient beaucoup moins oppressives que présentement, ce qui serait déjà un progrès majeur! De plus, en dehors de la hiérarchie patron-employés, il n’y aucun problème à ce qu’un anarcho-capitaliste désapprouve plusieurs autres formes de hiérarchies, ce qui est déjà beaucoup! Tout de même, je me pose la question suivante: si les hiérarchies sont si merveilleuses dans les milieux de travail, pourquoi prétendre être un anarchiste alors? Soyez capitalistes tant qu’à y être, puisque l’abolition de l’État mènera irrémédiablement à l’éradication progressive des hiérarchies, même si ça ne les éliminera pas immédiatement.

2) En ce qui concerne le droit de propriété, la plupart des anarchistes sont plutôt en faveur du droit de possession, basé sur les deux principes suivants: l’occupation et l’utilisation. De leur côté, les anarchistes de droite vont clairement à l’encontre des intérêts des anarchistes dans leur discours en étant en faveur de droit de propriété. Néanmoins, j’estime qu’en s’entendant sur les principes suivants, le maintien d’un droit de propriété serait nettement moins néfaste que la situation capitalo-étatiste actuelle:

  • Les propriétés étatiques sont illégitimes.
  • Les propriétés acquises par la violence sont illégitimes, ce qui inclut toute expropriation ou dépossession violente.
  • Prôner la désétatisation des institutions et des propriétés étatiques, i.e. confisquer la propriété illégitime de l’État pour le rendre aux travailleurs (ou à ceux qui l’occupent et l’utilisent) plutôt que la privatisation capitaliste, i.e. transférer la propriété étatique illégitime à faible coût à des corporations pour les enrichir et créer des monopoles privés.
  • La propriété intellectuelle, les brevets et les copyrights sont illégitimes, même s’il faut dévoiler l’identité des auteurs des oeuvres et celle des inventeurs pour ne pas sombrer dans le plagiat et la fausse représentation.

Si on s’entend sur ces principes, il me semble que l’imbroglio autour du droit de propriété relève beaucoup plus de la sémantique qu’elle se base sur un problème réel en pratique, même si moralement parlant, le droit de propriété est un concept inacceptable pour un anarchiste. Bref, ce serait certainement une situation beaucoup plus intéressante dans la pratique que la situation capitalo-étatiste actuel, même si ce n’est pas suffisant. Par contre, je me pose la question suivante: si le droit de propriété est si merveilleux, pourquoi prétendre être un anarchiste alors? Soyez un minarchiste tant qu’à y être, et prônez la défense du droit de propriété privée par une police privée appliquant une loi protégeant le droit de propriété! Ça serait beaucoup plus efficace pour défendre le droit de propriété que l’élimination de l’État qui mènera irrémédiablement à l’éradication progressive de la propriété!

3) Finalement, parlons du profit. La plupart des anarchistes, comme moi, sont contre le profit mais les anarchistes de droite sont en faveur du profit. Ce discours pro-profit va à l’encontre des intérêts des anarchistes. Souvent, leur argumentation circulaire se résume à ceci: le profit est nécessaire parce que dans le capitalisme le profit est nécessaire, donc le profit est nécessaire! (le crédit revient essentiellement à François Tremblay pour cette affirmation) Wow, c’est crissement convaincant! 😉

Cependant, dans la pratique, l’existence du profit dans un monde anarcho-capitaliste serait nettement moins néfaste que dans la situation capitalo-étatiste actuelle, même si ça serait insuffisant. Voici ce que j’avais dit dans ce billet:

Attention, plusieurs formes de profit sont criminels parce que ceux-là sont créés directement par l’État. On peut les regrouper sous le vocable de rente politique. Les profits provenant des privatisations de sociétés d’État (ne pas confondre privatisation avec désétatisation, je reviendrai sur ces deux concepts prochainement), comme la majeure partie de la fortune de Labeaume Le Minable dans l’affaire Mazarin, sont des profits criminels qui n’ont rien à voir avec de l’entrepreneurship. Les profits provenant des contrats avec l’État, provenant de subventions étatiques ou de crédits d’impôts remboursables particuliers, provenant de la participation d’entreprises à des PPP, provenant de la spéculation boursière, provenant du fait que les corporations soient des personnes morales, provenant de la réglementation des brevets et des copyrights (quoique pour les copyrights, il y a un bémol concernant la fausse représentation, j’y reviendrai un jour), provenant du protectionnisme étatique, provenant de lois étatiques favorisant la cartellisation, la monopolisation ou l’oligopolisation d’un marché, etc. sont tous des profits criminels qui n’ont rien à voir avec de l’entrepreneurship. En fait, c’est plutôt de l’entrepreneurshit! Et dans le cas de Labeaume Le Minable, c’est de l’entrepreneurbullshit! 😉

Par contre, le profit entrepreneurial, qui résulte de l’activité des travailleurs mais aussi de l’investissement légitime des entrepreneurs, ne devrait pas être considéré comme un crime, même s’il n’est pas souhaitable, mais plutôt comme un vice indirectement relié au fait que le marché ne soit pas libre, ou un vice causé par un manque naturel de concurrence pour certains biens et services rarissimes. De plus, le profit est toujours relié aux travail des autres. Je reviens encore à l’exemple de l’artiste-peintre: je ne vois aucun problème à ce que cet artiste-peintre vende une des oeuvres et fasse de l’argent là-dessus. Ici, il ne s’agit pas vraiment d’un profit, parce que la somme empochée par l’artiste-peintre provient de son propre travail.

Finalement, dans un véritable libre-marché anti-capitaliste sans intervention de l’État, même les profits entrepreneuriaux fonderaient comme neige au soleil et des profits shylockiens, comme ceux de plusieurs grandes corporations, n’existeraient tout simplement plus et ne seraient plus un amplificateur de pauvreté et de richesse indécente comme c’est le cas présentement.

Remplacez “libre-marché anti-capitaliste” par “libre-marché propriétarien” (je vous suggère de lire ceci) et supprimez le passage où je dis que le profit est un vice, et le reste de cet extrait aurait très bien pu être écrit par un anarcho-capitaliste. Alors, la différence entre les anarchistes pro-profit et les anarchistes anti-profit n’est pas aussi grande que certains le prétendent! Par contre, je me pose la question suivante: si le profit est si merveilleux, pourquoi prétendre être un anarchiste alors? Soyez un capitaliste tant qu’à y être, et prônez un système étatique favorisant les profits des bourgeois au dépens des travailleurs et des exclus du système! Ça serait beaucoup plus efficace pour accroître l’accès au profit que l’élimination de l’État qui mènera irrémédiablement à l’éradication quasi-totale du profit, sauf pour quelques profits entrepreneuriaux nettement moins shylockiens que dans le contexte capitalo-étatiste actuel!

Bref, les apologies des hiérarchies, du droit de propriété et du profit, exprimées par les anarcho-capitalistes, ne sont pas des positions anarchistes et je vais les dénoncer. L’erreur fondamentale de l’anarcho-capitalisme est de réduire l’anarchie à “l’absence d’État”, ce qui est loin d’être une définition complète de l’anarchie. Cependant, dans la pratique, ces positions ne sont pas si néfastes en l’absence d’État, surtout si l’on compare avec le contexte capitalo-étatiste actuel. De plus, les anarcho-capitalistes partagent une écrasante majorité des points de vue avec les autres anarchistes sur les autres sujets. Il me semble que ce dernier point devrait être mieux considéré par toutes les parties impliquées dans les débats entre les anarcho-capitalistes et les autres anarchistes, n’est-ce pas? Par conséquent, ça n’avance à rien de traiter de “sale capitaliste” les anarcho-capitalistes qui défendent ces apologies et les anarchistes de droite n’avancent à rien quand ils traitent leurs opposants de “hippies” et de “communistes” quand ils débattent sur ces sujets. Mettons un peu plus d’emphase sur nos points communs que sur nos différends, à tout le moins!

J’en ai encore beaucoup à dire sur ce sujet et je vais fort probablement y revenir une autre fois…

Anarcho-capitalisme et droit de propriété: ai-je vraiment lu ceci?

Un certain Cal Miles, du collectif FR33 Agents, a écrit ceci:

I talked to Prof. Stringham of GMU, Trincoll, and the Mises Institute about private property and about the general consensus among Austro-anarchists and modern academic ancaps regarding the degrees absolutism with regards to “private property rights.” He told me that the academic consensus was not absolutist and that exceptions to land rights and so forth under ancap are clear but their nature depends on contingencies, on the circumstantials. He also pointed out that nominal absolutism in ethical theory didn’t translate to universal absolutism in praxis.

So, in answer to BP and Noor… no, academic anarcho-capitalists do not support a 100% absolutist position on private property rights.

Straw man dead.

A-t-il bel et bien dit que les académiciens anarcho-capitalistes n’ont pas une position absolutiste en ce qui concerne le droit de propriété? “Câlisse! J’rêve?” comme dirait Johnny dans Slap Shot, ébahi devant l’exhibition extraordinaire des frères Hanson.

Pire encore, il en rajoute en réponse à un de mes commentaires:

If you are talking about de facto or statist “profits” and “hierarchies” and “property rights,” then, yes, most serious academic anarcho-capitalists reject them as invalid.

On s’entend de mieux en mieux si c’est vrai!

Ou bien

1) Il s’agit de la pire merde que je n’ai jamais lue à propos de l’anarcho-capitalisme, qui serait réfutée avec véhémence par la grande majorité des anarcho-capitalistes et des libertariens eux-mêmes!

ou bien

2) Je suis un idiot trop sceptique et les académiciens du Mises Institute commencent à se distancer des autres anarcho-capitalistes en amorçant un questionnement sur la validité du droit de propriété d’un point de vue anarchiste, ce qui serait une très bonne chose pour les anarchistes.

Ce serait merveilleux si la deuxième option était vraie mais je trouve ça trop beau pour le croire. Tout de même, j’ai fait semblant d’y croire lors de mes commentaires là-bas! 😉

Merci à Noor pour ce tuyau. Noor et François Tremblay ont co-écrit cette intéressante FAQ anarchiste à l’intention des anarcho-capitalistes. Sur le fond des choses, je suis d’accord presque complètement avec 20 des 22 réponses (sauf la question 3 concernant le concept de société, même si certains arguments sont pertinents, et en partie avec le concept de la “Théorie travailliste de la valeur” qui fait un peu trop “faiseur de système” selon moi, même si les critiques de la “Théorie subjective de la valeur” me semblent pertinentes, j’y reviendrai) contenues dans cette FAQ.

Retour sur le droit au suicide

Ce billet a pour but de clarifier encore plus ma position concernant le suicide suite à certains commentaires en réponse à mon dernier billet.

1) Certains lecteurs ont mal interprété cet extrait:

La promotion du droit au suicide sans agresser les autres ni se faire écoeurer est certainement plus valide d’un point de vue anarchiste et plus libérateur que la valorisation de la parentalité et de la procréation.

Ces lecteurs ont interprété ce passage comme une apologie de la promotion du suicide. Pourtant, “promouvoir le droit au suicide” ne signifie pas “promouvoir le suicide”. Je n’en rien à foutre de la promotion du suicide, même pour Jean De La Charogne! Alors, pas question de vous expliquer comment je ferais pour promouvoir le suicide dans les écoles parce que cela n’a rien à voir avec ce que j’ai dit! (L’affirmation biffée est une des plus stupides que j’ai écrites ici. J’ai été idiot! Bravo à Koval pour sa remarque! Cependant, ça ne change rien au reste.) Je n’ai aucun problème à ce que l’on tente d’alléger les souffrances pour prévenir le suicide mais pas selon les diktats des deux principaux protagonistes  drouatistes et gau-gauchistes étatistes (voir billet précédent), avec toute la violence étatique qui vient avec!

2) L’État et les autres autorités exagèrent volontairement la portée du soi-disant “grave problème de santé publique” (sic) qu’est le suicide, alors que ce n’est pas de ses affaires, encore moins lorsque le suicide n’est pas une agression. Bref, encore une fois, l’État se sert des crises, vraies, fausses ou exagérées, pour justifier fallacieusement son existence et sa violence. Pourtant, la meilleure façon de prévenir le suicide n’est-il pas justement l’adoption d’un mode de vie moins liberticide permettant à chaque individu de vivre selon ses propres désirs, mais sans agresser les autres?

3) Étant donné ma position globale sur le suicide, je suis vigoureusement en faveur du suicide assisté, évidemment. Dans cet excellent billet de la blogueuse Arwen de Ya Basta, que je vous recommande, elle dit ceci:

(…) Mais certaines personnes n’arrivent pas à remonter la pente comme je l’ai fait et souffrent, jour après jour. N’est-ce pas un comportement autoritaire que de les forcer à rester en vie et à endurer leur douleur?

C’est un débat très complexe et je dois avouer que ma position n’est pas encore tout à fait formée. L’interdiction du suicide assisté par l’État est complètement ridicule, car ce ne sont pas des bureaucrates qui sont aptes à juger de la douleur, morale ou physique, d’une personne!

Et je suis entièrement d’accord avec elle sur ce point! Bravo! 🙂 🙂 🙂 🙂

Pour le droit au suicide…sans agresser les autres ni se faire écoeurer!

Le titre de ce billet n’est pas un sarcasme et est tout à fait sérieux. Ce billet est fortement inspiré de cet imbroglio ridicule concernant un article dénonçant les sites Internet pro-suicide paru dans le dernier numéro du magazine Summum (le pendant écrit de CHOI Radio X). Si un propos plus philosophique sur le suicide d’un point de vue anarchiste vous intéresse, je vous suggère de lire cet excellent billet de François Tremblay, affligée d’une maladie mentale selon Renart. 😉

La grande majorité des étatistes prétendent qu’une pandémie 😉 de suicide (quoiqu’il faut admettre qu’elle est plus morbide présentement que la pandémie de grippe A(H1N1) 😉 ) est en cours au Culbec présentement et qu’il faut absolument faire quelque chose pour éradiquer cette pandémie parce que sinon, le Culbec va s’écrouler!

Je vous présente les deux principaux protagonistes étatistes dans le domaine de la prévention du suicide:

1) D’abord, le principal protagoniste est la coalition gau-gauchistes étatistes-fémi-favoritistes-fascistes de la santé publique. Cette racaille croit que le suicide est un grave problème de santé publique (pourtant, il s’agit d’un problème de santé mentale privée et parfois même, il ne s’agit pas d’un problème de santé du tout!) qui justifie l’interventionnisme accru de l’État pour tout et pour rien. Ces fascistes de la santé utilisent cette recette simple, idiote et liberticide pour soi-disant prévenir le suicide:

1) Parler le moins souvent possible du suicide afin de prévenir ce qu’ils surnomment l’ “effet d’entraînement”.

2) Parenter le plus possible les individus dits “à risque”, sous un lavage de cerveau fémi-favoritiste, en les déresponsabilisant totalement de leurs problèmes.

Cette coalition gau-gauchiste étatiste dénonce les médias qui osent parler du suicide comme le magazine Summum et est à l’origine de l’imbroglio contre ce magazine.

2) Ensuite, leur principal adversaire est la coalition droutatistes étatistes-maqueuelinistes, moins puissante mais encore plus stupide que ses adversaires. Cette coalition a au moins le mérite de dénoncer l’intrusion des fascistes de la santé publique dans la prévention du suicide mais elle a pourtant une attitude encore plus catastrophiste et liberticide que son adversaire. Cette racaille utilise une recette un peu moins simple mais encore plus stupide et liberticide  pour “prévenir” le suicide que celle de la coalition gau-gauchiste:

1) Parler le plus souvent possible du suicide afin de présenter un portrait encore plus catastrophiste de la situation culbécoise que son adversaire gau-gauchiste étatiste, d’ “éradiquer le tabou” entourant cette problématique et de culpabiliser le plus possible les suicidaires est le dépeignant comme “des lâches”.

2) Parenter le plus possible et de manière la plus hiérarchisée possible les individus dits “à risque”, sous un lavage de cerveau maqueueliniste, en les responsabilisant totalement de leurs problèmes.

3) Valoriser la réduction des libertés civiles, afin de rendre le suicide moins acceptable moralement. Adopter des points de vue drouatistes étatistes: parentalité hiérarchique patriarcale avec l’homme-pourvoyeur-chef de famille, recrutement militaro-terroriste, uniformes à l’école et “écoles uniquement pour garçons”, (à la limite, cette idée peut avoir un certain sens mais pas si elle est imposée)  répression policière accrue, guerres à la drogue et au décrochage scolaire, etc. Retourner à la morale religieuse catho-fasciste (par exemple, ceux qui souhaitent le retour du cours d’enseignement catho-fasciste dans les écoles publiques) avec la toute la violence qu’elle contient.

Les patrons du magazine Summum sont des membres de cette coalition drouatiste étatiste (au moins, ils ne sombrent pas dans la répression sexuelle! 🙂 ). Même si je sais fort bien que le titre “Tous les trucs pour réussir votre suicide” n’est là que par un prétexte de marketing provocateur, je ne vois aucun problème avec ce titre, contrairement à ce que pense la coalition gau-gauchiste étatiste. Le vrai problème dans cet article est la dénonciation de ces sites pro-suicide, ainsi que du suicide lui-même, dans cet article, ce que la coalition gau-gauchiste étatiste omet volontairement de considérer, bien sûr!

La promotion du droit au suicide sans agresser les autres ni se faire écoeurer est certainement plus valide d’un point de vue anarchiste et plus libérateur que la valorisation de la parentalité et de la procréation. D’aucune façon, il ne devrait y avoir de répression du suicide si ça n’agresse personne d’autre. Je suis fortement en faveur de ce droit au suicide et les anarchistes devraient à mon avis appuyer ce point de vue. Même si ça me fait de la peine et que ça fait de la peine aux proches quand ça arrive, je n’ai aucun problème à ce que les gens se suicident, en autant qu’ils n’agressent pas les autres. L’individu a le droit de pouvoir disposer de son propre corps comme il le désire sans se faire écoeurer par quelconque autorité. De toute façon, l’adoption d’un mode de vie moins liberticide permettant à chaque individu de vivre selon ses propres désirs, mais sans agresser les autres, fera probablement en sorte d’atténuer les souffrances morales et de réduire le taux de suicide. Quant aux hommes cocus déçus qui souhaitent amener “leur” femme et “leurs” enfants au Paradis avec eux, qu’ils se suicident AVANT de tuer les autres, alors nous en serons bien débarrassés!

Finalement, le suicide de certaines personnes peut être une bonne chose. Par exemple, si Jean Charest se suicidait, je serais très heureux et nous en serions bien débarrassés! Tout de même, j’aurais de la compassion pour sa conjointe Michèle et les enfants engendrés par ce couple premier-sinistriel. Attention, je n’ai pas dit que je souhaitais qu’il se fasse tuer, quand même! Après tout, en tant qu’anarchiste, je suis contre les agressions!