Retour sur les frais de scolarité universitaires

Faisant suite à ce billet sur les opinions avisées d’un économiste exceptionnel qui, je rappelle, travaille pour le Ministère Culbécois des Finances, je reviens sur le thème des frais de scolarité universitaires. Mon opinion sur ce sujet se résume aux deux points suivants:

1) L’État ne devrait plus financer le système d’instruction et l’école obligatoire devrait être abolie. J’en ai déjà parlé dans ce billet. Un désengagement total et immédiat de l’État dans ce secteur ne compromettrait en aucune façon ce que je désigne par le droit de vivre, ce qui est fort différent que si on abolissait immédiatement l’aide sociale et le système de santé étatique. De plus, l’exemple d’Harvard (où il y a gratuité pour les étudiants de la classe moyenne et inférieure), qui se répand comme une traînée de poudre dans les universités américaines, démontre clairement que le libre-marché est plus efficace que l’État en ce qui concerne la qualité et l’accessibilité des études universitaires.

2) Néanmoins, tant et aussi longtemps que l’État financera les universités, il faudra qu’ils soient accessibles au candidat potentiel le plus pauvre ayant vraiment les capacités académiques pour fréquenter un programme donné à l’université. Dans ce sens précis, je m’oppose donc aux augmentations des frais de scolarité proposées par la conaliénation centre-drouatiste adéquisto-libérale (le PCul étant en faveur d’une version édulcorée, i.e. l’indexation), parce que cette mesure vise explicitement à exclure ce candidat-type.

Maintenant, je tiens à réfuter les arguments idiots vomis par cet économiste de renom, nettement supérieur à moi bien sûr:

le problème avec les frais de scolarités pas élevés, c’est que ça attire plein de monde à l’uni qui ne savent pas ce qu’ils font là, qui perdent leur temps, qui ne prennent pas leurs études à coeur et qui font “payer” les autres à cause de ça.

Ce point n’est pas tout à fait faux. En effet, lorsqu’un service est peu coûteux, certains clients vont irrémédiablement en abuser. Cependant, mon expérience sur le terrain me montre qu’il y a beaucoup plus d’étudiants qui n’ont tout simplement pas le potentiel d’être admis dans un programme d’études donné, et qui y sont admis quand même, CE QUI N’A RIEN À VOIR AVEC L’ACCESSIBILITÉ FINANCIÈRE AUX ÉTUDES. Il y a donc un problème majeur de laxisme dans la sélection des candidats, un problème rejeté du revers de la main par à peu près tout le monde dans ce débat d’attardés mentaux.

De plus, avec l’augmentation des frais de scolarité, par qui va-t-on remplacer les étudiants brillants qui n’auront plus accès à l’Université? Par des cancres riches, bien sûr! Voici un excellent commentaire de Reblochon (qui est loin d’être un crotté d’anar, ni un sale gau-gauchiste étatiste) à ce sujet:

De toute façon, son analyse foireuse meurt dès la première ligne. D’ailleurs, je corrige :

En augmentant les frais de scolarité, il va y avoir plein de fils de riche à l’uni qui ne savent pas ce qu’ils font là, qui perdent leur temps, qui ne prennent pas leurs études à coeur et qui font “payer ” les autres à cause de ça.

Donc, le pauvre fils de BS qui aura tout sacrifié pour en arriver là, va se faire emmerder par des gosses de riche qui savent qu’en l’empêchant d’étudier, il n’aura aucune chance de tenir autant de sessions qu’eux et qu’en bout de ligne, le diplôme ils l’auront. Au pire, papa n’aura qu’à faire un don à l’uni. Ne vous inquiétez pas, nos élites de demain seront bien plus performantes si on suit les conseils de cette burne sur patte !

Par ailleurs, en jetant un coup d’oeil à cet article, on s’aperçoit qu’Harvard est considérée comme l’université la plus réputée au monde et ce, malgré la méchante gratuité tant décriée par ce rigoureux économiste et ses ti-n’amis de drouate. On s’aperçoit aussi que McGill est classée 2e au Canada et 29e au monde malgré les frais de scolarité trop bas tant dénoncés par cette sommité économique et ses copains drouatistes. Parlant de sélection des candidats…

anyway, tous (ou presque) ont soit un cell (pis surtout, celui qui conte cher, pcq sinon c pas cool), un ipod, un portable récent, des jeans a 100 $, une auto, un playstation, une grosse tv, le cable, … au pire, si les frais sont augmentés, on coupera les choses “moins” importantes pendant un moment, pcq les études, c plus important que toutes ces choses vides (ps, moi, j’ai tous ces éléments… et vous? … lol(e) )

Ce tas de marde pestilentiel copié-collé directement depuis la radio-poubelle de Culbec City ne vaut pas la peine que je le commente…

tu sais pas de quoi tu parles… je suis à l’uni, ça fait 6 sessions que je corrige des examens, donc je vois si les étudiants étudient ou pas…tu devrai donc être celui qui devrait se renseigner…

Si, après une si vaste expérience, ce professeur de pacotille (mais un économiste très clairvoyant et nettement supérieur à moi) ne s’est pas encore aperçu qu’il y avait un bon nombre des étudiants qui n’ont tout simplement pas le potentiel académique pour suivre ces cours, il a un gros problème et il ne devrait plus jamais dépanner en classe ni corriger. Et je sais de quoi je parle, étant moi-même correcteur et dépanneur en classe depuis fort longtemps. Continue à travailler dans la fonction publique et à faire en sorte que tes semblables m’empêchent d’y entrer! C’est normal, toi et tes collègues êtes tellement meilleurs que moi, surtout quand vous adoptez de manière avisée la position officielle de votre gouvernemaman chéri! Mais en ce qui concerne l’enseignement, laisse ça à ceux qui s’y connaissent, mon cher amateur! Dégage!

mes propos sont très fondés

En effet, ils sont très fondés…par la radio-poubelle de Culbec City et par la position officielle de son gouvernemaman adoré, ce qui est compatible avec leur agenda étatiste de drouate!

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19 responses

  1. Toute personne qui désire aller à l’Université devrait être en mesure de le faire. Avec tout l’argent que génère les banques et les entreprises, il y a de l’argent à aller chercher. Mais le gouvernement préfère ne rien faire à propos de l’évasion fiscale, ne pas taxer le Capital ou imposer les banques. À la place il décide d’augmenter les tarifs de toutes sortes (taxe à la consommation, hydro, name it) et monter les frais de scolarité. J’oubliais la taxe sur la santé, qui ne tient même pas compte des différents niveaux de revenus.

    Je n’aime pas l’Université comme institution (en particulier la bureaucratie universitaire et le système de notations, deux crisses de farce), mais ce n’est pas comme si c’était mieux autour.

    Perso si je pouvais arriver a vivre de la recherche ou en écrivant sur un site comme Z.mag c’est ce que je ferais, mais ce n’est pas vraiment viable présentement.

    1. Notons pour les autres lecteurs que la “taxe sur le capital” (je m’y oppose) est différent de “taxer le Capital” (j’appuie dans le contexte actuel étatiste).

    2. Je suis entièrement d’accord avec toi! J’essaie de me servir de l’université pour m’améliorer. Et c’est pas mal moins pire que dans la fonction publique!

      Dans le monde anglophone, il y a le Center for a Stateless Society qui tente de devenir viable.

      http://c4ss.org/

  2. Moi aussi je trouve cela génial l’université gratos à Harvard, t’as environ 2 chance sur 100 d’y être admis! Magnifique accessibilité, c’est bien mieux qu’ici! 😉

    http://www.freemag.fr/demandes-etudiants-s511485.htm

    1. Je parle du financement des études qui n’a que très peu à voir avec la sélection des candidats. Évidemment, les institutions de moindre qualité ne pourront pas refuser 91% des candidats.

      1. T’as tort de chier sur notre système et louanger l’autre, t’es complètement out!

        J’ai pas le temps de te dire pourquoi et pis t’as trop l’air d’un ptit convaincu ben dur!

        1. Euh, non, ce n’est pas exactement ça. J’utilise une institution faisant partie d’un système louangé par la drouate étatiste pour illustrer mon point sur la “méchante gratuité”. Je n’ai jamais dit que l’autre système était merveilleux. Bander sur les universités américaines n’est pas mon style, je bande mieux sur les femmes, y compris même les scientifiques! 😉

          1. Oh Shit! 😉

            1. Et s’il fallait que la scientifique en question soit aussi humaine que toi, ce serait encore plus charmant! 🙂

  3. La gratuité à Harvard c’était en 2007, est-ce encore le cas dans ce monde poste crise économique?

      1. Dans ce cas il ne reste plus qu’a espérer que les autres université fassent de même, mais est-ce qu’une université moins prestigieuse aurait le même appuis du privé?

        1. En tout cas, il y en d’autres. Je connais même un Québécois qui en bénéficiera…

          1. Si la gratuité scolaire est financé par les familles riches cela veut dire que les écoles, qui sont dans des villes, village ou quartier plus pauvre auront plus de difficulté à se financer et donc à financé cette gratuité ou dépendra énormément du privé et les entreprises privé font rarement quoi que ce soit gratuitement.

            1. Bien sûr, mais les bons étudiants, mêmes pauvres, pourront toujours se trouver une place.

              Et évidemment, il faudra songer à d’autres idées qu’Harvard pour la raison que tu soulèves. Mais l’État a prouvé hors de tout doute qu’il est inefficace en éducation. Il faudra un jour gérer nous-mêmes notre éducation.

              1. Soutenir que les bon étudiants c’est de l’élitisme, il faut aussi aider les étudiants qui on de la difficulté et essayer trouver des moyen de motiver ceux qui ne le sont pas.

                C’est un peu trop facile, de sacré dehors ou de ne pas accepter, ceux qui ne sont pas assez performant.

                Je ne dis pas non plus que Hardvard devrait n’importe qui. Mais chaque écoles devraient offrir des service performant d’aide aux étudiants en difficulté.

                Je ne suis pas contre un système d’éducation autogéré, mais il faudrait que la richesse soit aussi réparti entre les écoles selon les besoins de chaque écoles.

                1. Je m’intéresse au sort des étudiants pauvres qui sont capables d’aller à l’université, académiquement parlant.

  4. Reste à voir si la réputation de Harvard repose sur des fondamentaux ou sur une bulle spéculative.

    Washington + Ivy League + Wall street = nid de vipères?

    1. Fort probablement une réputation surfaite, en effet.

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