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Manifestation d'appui à Rémy Couture le 13 octobre à Montréal

Ce n’est pas une blague, la mise à l’index des oeuvres d’art trop irrévérencieuses et la répression de leurs auteurs est de retour au Culbec! Le cas de Rémy Couture, accusé au criminel pour des oeuvres fictives, est un exemple majeur de ce triste constat.

Le 13 octobre au Palais de Justice de Montréal, se déroulera la comparution de Rémy Couture à 9 heures am, à la salle 4,06. Une manifestation se tiendra par la suite de 13 heures à 15 heures devant le Palais de Justice.

Malheureusement, je ne serai pas là en raison du fait que je suis à Québec et que je suis très occupé présentement. Honte à moi, je le sais! J’invite les artistes, les libertariens et les anarchistes, particulièrement ceux de l’UCL, à se joindre à ce mouvement en faveur de la liberté d’expression.

En ce qui concerne les crottés du Black Block, restez chez vous et masturbez-vous à la place, vous êtes des indésirables et des traîtres soutenant la police, on le sait encore plus depuis les arrestations massives au G8-G20! De plus, je félicite l’animateur de l’émission “Maurais Live” à CHOI Radio X, Dominic Maurais, d’avoir appuyé publiquement Rémy Couture à son émission de ce matin. Rarement je vais encourager CHOI Radio X, mais dans ce dossier, j’appuie cette station de radio!

En terminant, voici la lettre du cinéaste Robert Morin au CON-stable Fournier de la SPVM concernant ce dossier:

Montréal, le 1er octobre 2010

Lettre au constable Fournier
SPVM

Cher monsieur,

Je sais bien que vous ne faites pas les lois, mais que vous êtes plutôt responsable de les faire appliquer. Et c’est pour ça que je vous écris : parce que c’est dans l’application des lois qu’il faut faire preuve de jugement et faire la différence entre le règlement et le bon sens.

Mon propos porte sur l’art. Et j’espère qu’il pourra vous aider en ce qui a trait au dossier de Remy Couture.

L’art avant tout sert à distraire. Il permet de nous évader momentanément du quotidien, au même titre que le sport. Il peut nous faire réfléchir à des sujets que le sport n’aborde pas. Mais la réflexion en soi, sérieuse ou légère, est toujours une forme d’évasion. En aucun cas, il ne peut influencer les masses. L’Histoire n’a pas retenu de mouvements sociaux ou politiques dus à l’art. (note de David: je ne suis pas d’accord avec cette dernière affirmation) Certes, il accompagne les peuples dans leur évolution respective. Il corrobore les frustrations et les questionnements des sociétés, comme le fait le sport de masse à sa façon. Rarement, en revanche et contrairement aux partisans des sports de masse, les amateurs d’art poussent-ils l’enthousiasme jusqu’à déferler dans les rues des villes en saccageant parfois le bien privé ou public au passage.

Il faut bien le reconnaître : s’il est impensable de punir les sportifs en fonction des dommages causés par certains de leurs partisans, pourquoi devrions-nous punir des artistes en fonctions des dommages que certains admirateurs détraqués pourraient causer inspirés par leurs œuvres?

Si telle est la logique, les autorités devraient en priorité s’attaquer à des secteurs de l’activité humaine qui offrent beaucoup plus de matière aux détraqués potentiels. Le secteur de l’automobile pourrait ainsi facilement faire l’objet de censure.

J’essaie ici d’expliquer, constable Fournier, que l’art est un canal entre un auteur unique et un spectateur unique. Une activité intime qui peut conforter ou déranger. Chaque spectateur exerce de ce fait sa propre censure en ce qui a trait aux sujets qui lui déplaisent ou qui lui sont indifférents. En aucun cas, cette responsabilité ne doit lui être enlevée, ne serait-ce que pour respecter sa liberté et son intelligence. Et puis les tueurs en série n’ont pas besoin de voir des tueurs en série à l’écran pour tuer en série; ils ont cette déviation en eux et depuis la nuit des temps, bien avant l’invention du cinéma et des effets spéciaux. C’est même simpliste de supposer que leur déviation puisse être le produit d’une œuvre d’art.

Pour voir les choses en face et dans les normes de nos constitutions, l’acharnement des autorités dans le cas de Rémy Couture est injustifié et inutile, une perte d’énergie totale. Aussi je vous demanderais d’intercéder auprès de vos chefs de manière à ce que la poursuite dont il fait l’objet soit abandonnée le plus tôt possible.

Veuillez agréer, monsieur, à l’expression de mes sentiments les meilleurs,

Robert Morin

Cinéaste

Podz et Patrick Sénécal doivent être accusés au criminel!

Comme vous le savez fort bien, je suis un fervent partisan de l’État et j’aime beaucoup quand celui-ci nous protège contre nous-mêmes! 😉 À la suite de l’arrestation de Rémy Couture (merci à Martin pour l’info) pour corruption de moeurs (sic), j’aimerais porter plainte à la SCul contre le romancier Patrick Sénécal et le réalisateur Daniel Grou, alias Podz (qui ont respectivement écrit le livre et réalisé le film La Loi du Talion), deux sales criminels qui ont clairement violé l’article 163 du Code Criminel Cacanadian!

Crissons-les tous en prison, ces maudits zarteux qui osent corrompre nos moeurs vertueuses!

P.S.: Rassurez-vous, je reviendrai plus sérieusement sur l’affaire Rémy Couture d’ici le début de l’automne. S’il y a eu 50 000 personnes pour manifester contre la fermeture potentielle de CHOI Radio X à Culbec City, je ne vois pas pourquoi il n’y aurait pas au moins 60 000 personnes devant le Palais D’Injustice de Montreal le 13 octobre prochain pour appuyer Rémy Couture, selon le même standard de la liberté d’expression…

Un texte percutant anti-HADOPI

Voici un percutant texte anti-HADOPI (la loi HADOPI étant une loi française anti-piratage, particulièrement dans la musique, le cinéma et les logiciels informatiques) écrit par un certain Mathieu et publié dans le journal Anarchosyndicalisme de la CNT-AIT Midi-Pyrénées. À part certaines notes que j’ai ajoutées, je suis d’accord avec l’ensemble de cet article.

BOYCOTTEZ LES ARTISTES HADOPIPHILES

Mercredi 11 juin, le gouvernement a subi un nouveau camouflet sur la loi HADOPI: le Conseil constitutionnel a censuré une partie du texte. Pas sur des dispositifs mineurs ou sur une erreur de procédure, mais pour atteinte à la présomption d’innocence, à la liberté d’expression et à la séparation des pouvoirs. En gros, le Conseil constitutionnel a été obligé de constater que le parlement et le gouvernement avaient violé, en votant la loi HADOPI, plusieurs principes fondamentaux de la République. Rien que ça. Mais, rassurez-vous, les violeurs ne risquent rien, Marianne est bonne fille et HADOPI va reprendre sous une autre forme.

Pour ceux qui n’auraient pas suivi les débats, voici en quelques mots de quoi il en retourne. HADOPI créait une autorité administrative qui devait envoyer des mails aux “pirates” identifiés par les ayant droits, afin de les dissuader de télécharger. Au bout d’un certain nombre de mails, la ligne Internet pouvait être coupée par l’autorité administrative, sans procès et surtout sans moyen immédiat de défense de la personne accusée. Une fois la ligne coupée, il fallait en plus continuer à payer son abonnement! Le Conseil constitutionnel a censuré cette procédure … qui va simplement être remaniée.

Outre l’aspect profondément liberticide de cette loi (même dans sa version censurée), on remarque qu’elle est faite, non pas pour protéger la culture (ni les véritables artistes), mais bien pour protéger les profits des majors (grandes entreprises pseudo-culturelles). Ces entreprises, qui ruinent la culture en nous abreuvant de Star Académie (note de David: tiens, tiens, en France aussi!) et de films tous plus niais les uns que les autres, ne comprennent pas que les gens ne veuillent plus payer pour leur servir de tout à l’égout.

Les majors hurlent à la catastrophe pour la culture (!!!) parce que les sous ne rentrent pas assez vite dans leurs caisses. Pour améliorer le sort de leurs actionnaires, ils ont donc demandé au gouvernement de leur faire une loi sur mesure qui oblige l’internaute à installer des logiciels espions sur leur ordinateur (seul moyen de prouver son innocence, et accès facile pour l’État à toutes vos données personnelles), et qui condamne un individu sur la seule foi des relevés d’adresse IP (c’est l’équivalent d’une adresse postale sur Internet), effectués par les majors. Ces procédures, allongées par le passage devant le juge qui va certainement être voté cet été, vont en plus coûter extrêmement cher, et pour un résultat minime.

En effet, en août 2008, il y avait en moyenne 450 000 films téléchargés par jour, quant à la musique, certainement beaucoup plus… Ces centaines de milliers de “dangereux délinquants” sont menacés de passer devant la justice! C’est avec de telles lois qu’on fait monter les statistiques de la délinquance! (note de David: et ça fait sourire Sarkonazi 1er qui peut alors justifier une répression policière accrue!)

Que les majors défendent leur beurre et sacrifient les libertés sur l’autel de leur profit, cela ne surprend guère. Mais ce qui est plus dérangeant, c’est la cohorte d’artistes, souvent “de gauche”, qui sont montés au créneau pour cette même cause. En vrac, on trouve: Étienne Daho, Christophe Maé, Kery James, Sinik, Francis Cabrel, Patrick Bruel, Jean-Jacques Goldman, Jenifer, Stanislas, Raphaël, M Pokora, Keren Ann, Thomas Dutronc, Eddy Mitchell, Isabelle Boulay (eh bien!), Maxime Le Forestier, Martin Solveig, Marc Lavoine, Calogero, Gérard Darmon, Pascal Obispo, Jacob Devarrieux, Elie Seimoun, Alain Bashung, Bernard Lavilliers, Rachid Taha, Bob Sinclar, Psy4delarime, Abd Al Malik, Anis, André Manoukian, Charles Aznavour, Alain Souchon, Mademoiselle K, Soprano, Arthur H, BB Brunes, Liane Foly, Emmanuelle Seigner, Ridan, Renan Luce, Zita Swoon, Johnny Hallyday, Empyr, Kenza Farah, Shine, Camaro, Diam’s, Renaud, Romane Cerda, Cali, la Grande Sophie et Michel Piccoli… (note de David: sans compter la racaille des nombreuses veudettes culbécoises anti-piratage et une cohorte encore plus garnie de “tartistes” hollywoodiens qui appuient ce même genre de camelote liberticide).

Toutes ces belles âmes prétendent vouloir sauver la culture. Pourtant, quand on voit ces noms, on se dit qu’ils n’ont pas l’air de mourir de faim à cause du piratage. Au lieu de demander des comptes à leurs patrons sur leur gestion catastrophique et leur incapacité à s’adapter aux nouvelles technologies (position minimale exigible de la part de réformistes de gauche), ils font bloc avec eux et revendiquent la diminution des libertés comme un acte positif pour la culture. Belle vision que celle-là! La culture contre la liberté! Les fascistes n’auraient pas mieux dit!

Contre toute cette aristocratie de privilégiés, il est temps de revendiquer la gratuité totale et absolue de la culture (note de David: je ne suis pas d’accord avec cette exagération gauchiste et je n’ai rien contre les mécanismes de marché mais je préfère tout de même la liberté des clients aux profits des corporateux). Face à l’attaque mercantile d’HADOPI, une réponse s’impose. Elle est simple, facile et efficace: le boycott. N’achetez plus rien de tous les “artistes” qui se sont prononcés pour la loi HADOPI. En abandonnant les artistes-épidicers (note de David: j’ignore la signification de ce jeu de mots, artistes-épiciers?) à leur triste sort, vous aurez tout le temps de découvrir de véritables artistes, ceux qui ont autre chose à exprimer que leur compte en banque. Vous gagnerez en qualité et en plus, vous ferez des économies.

État et arts: une illustration du double-standard de la drouate étatiste

Je vous recommande de lire le dernier billet de Renart concernant la censure politique anti-artistique. En particulier, j’ai bien aimé sa dernière phrase:

L’argent des contribuables ne peut pas servir à financer les rebelles, seulement les guerriers…

Mais après les fleurs, voici le pot pour Renart. Franchement, je le trouve ridicule de songer au sabordage du Mal-De-Bloc Culbécois. Il joue le jeu des fédéraleux!

Maintenant, j’attire particulièrement votre attention sur ce suave commentaire de Christian Rioux, ce fier fédéraleux French Canadian living in La Belle Province of Quebec:

On ne peux pas faire n’importe quoi et ensuite dire que c’est de l’art. Et encore moins quand on demande du financement de l’État. Ils peuvent faire des sculptures avec des excréments s’ils le veulent, mais qu’ils le fassent avec leur argent, pas avec l’argent des contribuables.

Quelle connerie! Par contre, je n’ai aucun problème avec ce qui est écrit en gras. En effet, je suis contre les interventions de l’État pour quoi que ce soit sauf que la même chose doit s’appliquer dans des domaines moins importants, car sinon cela est injuste et il ne s’agit pas d’une mesure efficace qui favorisera la réduction de l’État mais bel et bien une mesure idéologique qui ne sera qu’un détournement à de l’argent volé par l’État aux CONtribuables.

Par exemple, si des gens souhaitent commettre des génocides et imposer la médiocrassie pseudo-représentative avec l’aide de militaires criminels à l’étranger, comme Christian Rioux et plusieurs électeurs dans le Rest Of Canada, dans la région de Québec et en Beauce le prônent, pourquoi ne financent-ils pas eux-mêmes une milice “humanitaire” (sic) et n’envahissent-ils pas l’Afghanistan avec leur propre putain de fric au lieu d’utiliser l’argent volé par l’État aux CONtribuables?

Mais comme tout bon drouatiste étatiste sait si bien le faire, Christian Rioux fait semblant de ne pas avoir pensé à ce détail avant de vomir cette connerie et nous fait une illustration ividente du double-standardisme dans le discours des drouatistes étatistes.

Réinvestissons les coupures en culture dans les génocides à l’étranger, la répression policière des non-agressions et les athlètes drogués! Le sens des priorités des drouatistes étatistes est vraiment extraordinaire!

Dans le dossier des coupures dans le domaine des arts, certaines personnes m’ont reproché que j’étais incohérent pour un anarchiste en défendant les artistes de cette façon. Pourtant, je n’ai jamais dit que l’État devait subventionner la culture à tout prix, j’ai seulement dit qu’il faut dénoncer le fait que les coupures ne servent qu’à détourner l’argent volé par l’État aux CONtribuables pour d’autres fins encore moins pertinentes. J’ose croire maintenant que mes détracteurs vont comprendre la nuance!

Pour terminer, je vous laisse avec cette blague très désopilante de Christian Rioux:

Si je faisais moi-même quelque chose qui ressemble à Riopelle, personne ne trouverait ça intéressant, ça passerait pour un dessin d’enfant. C’est juste le nom de l’artiste qui donne de la valeur à ses choses. Si c’était vraiment de l’art, les gens trouveraient ça intéressant sans avoir à savoir le nom de l’artiste.

Christian Rioux au Festival Juste Pour Rire, ça presse!

Si on peut se permettre de mépriser les artistes à ce point, voilà une raison de plus pour s’exclamer “Fuck The Troops!”.

Coupures fédérales en arts…

(Avertissement: lisez attentivement ce billet avant de conclure que je suis un apôtre de la violence étatique.)

Généralement, je m’entends très bien avec les artistes (en fait, je m’entends bien avec les non-scientifiques et les scientifiques m’ennuient généralement), car ils sont différents de moi et que je carbure aux différences. De plus, malgré ce que j’essaie parfois de vous faire croire (par exemple, le terme “pragmatisme”), je suis un individu très (ou trop) sensible. De plus, j’ai une admiration souvent très forte pour ceux qui réussissent des choses que je suis incapable de faire, ce qui est souvent le cas avec les artistes (surtout en arts visuels, ce que j’appelais, quand j’étais un jeune baveux et que je ne savais pas dessiner (je ne sais toujours pas dessiner!), les “arts plates”…cliché!).

Alors, je n’embarque pas dans le courant anti-artistique primaire (beaucoup plus réel que le soi-disant “anti-américanisme primaire” des anarchistes et des gau-gauchistes étatistes) de nombreux libertariens, drouatistes étatistes et scientifiques (même si j’en suis un) qui aiment bien mépriser les artistes pour entretenir leur égo. Par conséquent, des textes comme ce billet de Martin Masse du QL intitulé “Les parasites culturels sont des suppôts de l’ordre établi” (lisez aussi les commentaires, c’est parfois décourageant, le billet n’est pas si pire), à propos de cette manifestation contre les coupures fédérales en arts, me laissent perplexe, même si je suis d’accord avec les libertariens sur le fait que, ultimement, l’État ne devrait pas subventionner les arts (tant qu’à moi, l’État ne devrait jamais exister en fait!).

Je me pose de sérieuses questions quand je lis un tel truc. Est-ce qu’on se sert des subventions simplement à titre de prétexte pour mépriser les artistes? Vengeance? Jalousie? Connerie, surtout dans certains commentaires? Peut-être que je me trompe mais j’aimerais être rassuré!

Par exemple, Martin Masse dit ceci: “On en a eu un autre exemple patent hier quand quelques milliers de parasites de la culture sont descendus en force dans la rue”.

Est-ce que tous ces manifestants étaient des parasites? Certainement pas! Je vois cinq principales catégories de personnes qui avaient tout interêt à être là, et qui avaient pourtant des agendas fort différents entre eux.

1) La racaille politicienne des partis d’opposition, qui était là pour se faire voir et critiquer le Parti CONservateur.
2) Les veudettes, qui étaient là pour se faire voir et qui profitent de la mamelle de l’État pour s’enrichir aux dépens des autres. Les veudettes sont les grands gagnants du système étatiste actuel.
3) Les tartistes, qui n’ont pas assez de talent pour survivre sans État.
4) Ce que je surnomme les artistes de l’ombre, originaux, provocateurs subversifs peu connus ou talentueux débutants qui sont des victimes du système étatiste actuel, mais qui, paradoxalement, seront aussi les pires victimes des coupures. Ceux-ci s’en sortiraient mieux dans un véritable libre-marché (au sens anarchiste) que dans le système étatiste actuel.
5) Les artistes talentueux bien établis (il y a des vedettes respectables là-dedans), qui n’auraient pas eu besoin de l’État pour survivre mais qui ont été un jour un artiste de l’ombre et qui appuient ceux-ci.

Je méprise les 3 premières catégories et les vrais parasites sont ceux-là. Mais pas les deux dernières. Et surtout pas les artistes de l’ombre, putain! Les vrais parasites souhaitent évidemment l’extinction des deux autres catégories, car ils en profiteraient encore plus. En fait, si Martin Masse ne s’adresse qu’au trois premières catégories, je serais presqu’entièrement d’accord avec lui. J’ose croire qu’il ne s’adresse pas aux deux autres, car sinon ça serait vachement pathétique!

Masse dit aussi:

Michel Tremblay a ainsi déclaré que «C’est un geste de censure assez scandaleux, parce que la subversion vient très souvent des artistes et de la culture». La stupidité de ce commentaire est sidérante. Des personnes qui vivent au crochet du trésor public, qui tètent quotidiennement les mamelles de l’État, prétendent que cette dépendance envers l’institution où se concentrent aujourd’hui de gigantesques pouvoirs d’intervention et de coercition est en fait la garantie de leur liberté d’expression et de leur capacité de «subvertir» l’ordre établi!!!

Venant d’un étatiste comme Michel Tremblay, ça peut sembler bizarre comme déclaration, quoiqu’on peut s’entendre sur le degré intéressant de subversivité dans ses oeuvres et dans sa vie: tous les subversifs ne sont pas nécessairement des anarchistes! Cependant, Michel Tremblay aurait très bien pu tirer son épingle du jeu sans l’État (et peut-être mieux), alors il n’est pas un parasite culturel (je dirais qu’il fait partie de la catégorie 5), même s’il s’assagit peut-être un peu trop en vieillissant.

Masse considère qu’il n’y a pas de censure dans ces coupures:

La véritable censure est une interdiction par les pouvoirs publics d’exprimer certaines choses. En éliminant des programmes, le gouvernement fédéral n’interdit absolument pas aux artistes de s’exprimer.

Théoriquement, je suis d’accord. Mais attention, si l’argent économisé par ces coupures n’est que détournée vers l’invasion militaire de territoires étrangers, la répression policière des non-agressions et les subventions aux athlètes drogués, les artistes de l’ombre seront perdants et n’auront pas plus de mécènes pour les aider, puisque l’espace fiscal nécessaire ne sera pas là. Il s’agit donc d’une censure indirecte à mon avis. De plus, rappelez-vous que les CONservateurs ont déjà songé à une certaine forme de censure, ce qui rend les craintes des manifestants beaucoup plus légitimes!

Malgré mes critiques sur la forme des propos de Martin Masse, son billet contient des points fort intéressants sur le fond. Les passages suivants sont excellents:

Ils dénoncent simplement le fait qu’ils auront un peu plus de difficulté à financer leurs activités en se fiant sur ces transferts forcés, qui leur évitent d’avoir à trouver des consommateurs prêts à payer pour leurs œuvres. Ils dénoncent le fait qu’ils n’auront plus seulement à convaincre quelques bureaucrates et copains du milieu culturel qui siègent sur des «comités de pairs» pour avoir un revenu, mais plutôt le public à qui leurs œuvres s’adressent pourtant et dont ils prétendent qu’elles expriment l’identité.

Tout à fait, mais à condition que le “ils” soient les parasites selon ma définition.

En fait, les parasites culturels sont tout le contraire de militants «subversifs». Ce sont des suppôts de l’ordre établi, des alliés du Pouvoir, qu’ils ont intérêt à voir de plus en plus concentré. Un Pouvoir qui s’impose à tous au profit de quelques-uns, dont eux-mêmes, et qui brime ainsi la véritable liberté. La «liberté d’expression» qu’ils défendent, c’est simplement la possibilité de continuer à faire ce qu’ils veulent sans vraiment avoir de comptes à rendre à ceux qui travaillent pour financer leurs activités; à exprimer des clichés étatistes qui légitiment cette situation (même s’ils prétendent s’opposer à des gouvernements qui semblent moins favorables à leurs demandes, comme les conservateurs en ce moment); à appuyer un système qui correspond directement à leurs intérêts financiers.

Encore une fois, je suis entièrement d’accord mais à condition que le “ils” soient les parasites selon ma définition.

Le meilleur passage est le suivant:

Les artistes et les penseurs véritablement libres et indépendants, ce sont ceux qui rejettent ce système.

Entièrement d’accord! S’il n’y avait qu’une chose à retenir de ce billet, ce serait ce passage-là. Et cette fois-ci, cela s’adresse surtout aux vrais artistes (surtout les artistes de l’ombre) et non pas aux parasites. Dommage que la forme de ce billet et surtout certains commentaires stupides portent ombrage à ce propos fort judicieux sur le fond.

Les artistes de l’ombre ont un intérêt pragmatique à protester contre ces coupures et c’est tout à fait normal, car ils en seront les pires victimes mais ils n’ont pas intérêt non plus, idéologiquement et à long terme, à faire perdurer ce système étatiste, car ils en sont aussi les pires victimes. Même d’un point de vue étatiste, les artistes séparatistes n’ont pas intérêt à ce que la mainmise fédérale (même partielle) sur le financement des arts perdure trop longtemps. Demandez à Pierre Falardeau ce qu’il en pense…

Les anarchistes devraient porter beaucoup plus attention à la question de l’art et les artistes devraient aussi porter plus attention à la question de l’anarchisme (quoique les artistes ont une longueur d’avance sur les anarchistes sur cette question). Les deux camps ont intérêt à s’unir pour s’épanouir conjointement à long terme. Et ce n’est pas en déversant un tel fiel contre les vrais artistes que les anarchistes vont y arriver, même si je conviens que je viens de m’aliéner plusieurs libertariens en publiant ce billet!

Je suis convaincu que l’art s’en sortirait mieux sans État (et de ce côté, même un libertarien du QL comme Gilles Guénette a écrit plusieurs articles intéressants sur cette question), beaucoup mieux que les soldats criminels, en tout cas. J’y reviendrai, car il faudra convaincre plusieurs sceptiques sur cette question, en particulier les vrais artistes eux-mêmes dont je comprends très bien leur inquiétude! Les vrais artistes n’ont pas être sacrifiés sous l’autel de l’anarchie, car sinon il n’y aura pas d’anarchie.

Pour terminer, je vous suggère de lire cet article de Guénette et Free Culture de Lawrence Lessig, le texte résumé par Guénette. Pour le site et le blogue de Lessig, c’est ici.

AJOUT: Lisez aussi cet article de Marc Cassivi intitulé “L’argent de la culture pour faire parader la flamme olympique”. Êtes-vous surpris?