Vive la séparation du Québec

Voici la position éditoriale de ce blogue concernant la séparation du Québec: l’anarcho-pragmatisme appuie la séparation du Québec et considère que tous les zélateurs de la réduction de la taille de l’État, y compris les anarcho-socialistes et les libertariens, DOIVENT appuyer la séparation du Québec pour demeurer cohérents avec leur propre idéologie et pour ne plus être complices de l’étatisme de plus en plus tentaculaire et obèse (Merci Jean Charest!) en cours au Québec.

Au Québec, la grande majorité des anarcho-socialistes, dont ceux du NEFAC, et la quasi-totalité des libertariens, dont ceux du Québécois Libre (allez lire ces deux torchons) sont contre la séparation du Québec par peur morbide, émotive et pessimiste de ce qu’ils surnomment le nazionalisme péquOUIste, ou plus précisément le nationalisme québécois. À souèèèère, il faut faire peur au monde, BOUH! Ces anarcho-socialistes et ces libertariens émotifs contreviennent à la troisième attitude essentielle de l’anarcho-pragmatisme: voir l’aventure humaine avec optimisme.

En fait, l’essentiel de leur argumentaire s’articule autour de ce syllogisme fallacieux, paradoxalement utilisé encore plus souvent par les drouatistes étatistes fédéraleux dans leur campagne de peur.

Le PQ est nationaleux.
Le PQ est séparatiste.
Donc séparation=nationalisme.

De la même façon, voici une version plus souvent utilisée par les anarcho-socialistes et les libertariens émotifs.

Le PQ est étatiste.
Le PQ est séparatiste.
Donc séparation=étatisme.

Dans ces deux versions, les deux premières affirmations sont vraies (quoique dans la deuxième version, la deuxième affirmation sous-entend que le PQ était le parti le plus étatiste alors que le PLQ, qui est le parti le plus fédéraliste, est donc le plus étatiste des trois partis principaux) mais la conclusion dans la troisième affirmation est complètement fausse. Il n’est pas nécessaire d’être un nationaleux ni d’être un étatiste pour appuyer la séparation du Québec!

Ces libertariens et ces anarcho-socialistes émotifs ne maîtrisent manifestement pas les bases fondamentales de la logique. Je leur suggère de lire le Petit cours d’autodéfense intellectuelle de Normand Baillargeon, le penseur anarchiste le plus reconnu au Québec, afin qu’ils puissent réflechir sur la fausseté des âneries qu’ils vomissent à tord et à travers pour apeurer la population.

Bien sûr, en tant qu’anarchisme, l’anarcho-pragmatisme ne peut pas cautionner l’étatisme du programme du PQ et son attachement au nationalisme mais le PQ, délesté de sa légitimité après la réussite de son projet séparatiste, sera beaucoup plus facile à foutre dehors après la séparation du Québec qu’en ce moment.

De plus, un anarchiste pourrait me poser la question suivante (Merci à Philippe David pour l’inspiration): quelle différence peut-il y avoir entre l’étatisme canadien et l’étatisme québécois qui va inévitablement s’installer dans un Québec indépendant, puisqu’aucun parti politique actuel ne supporte une vision minarchiste, encore moins anarchiste?

La différence fondamentale est que le Québec est condamné à l’étatisme en restant dans le Canada, où il n’y a aucun parti minarchiste ou anarchiste non plus, à part le très marginal Libertarian Party qui peut très bien être remplacé par un parti libertarien dans un Québec séparé.

Alors qu’avec la séparation du Québec, les moyens financiers de l’État Québécois, privé des transferts fédéraux, seront plus limités, à tout le moins dans les premières années de son indépendance (ben oui, ce ne sera pas facile au début, la séparation c’est difficile!), ce qui sera une occasion en or pour les zélateurs de la véritable réduction de la taille de l’État, puisqu’il en résultera la coupure de dépenses tant espérée et à long terme l’écrasement de l’étatisme québécois sous son propre poids.

Bien sûr, si les Québécois continuaient à voter pour le PQ dans un Québec séparé, une telle transformation ne se produirait pas, mais je compte sur la fin de la crisse de question nationale et de sa sclérosante chicane “fédéraleux vs nationaleux” qui en découle pour libérer l’espace nécessaire dans les débats qui nous permettront de botter le derrière du PQ et de se poser les vraies questions concernant la réduction de la taille de l’État, au lieu de faire semblant comme l’ADQ en ce moment.

Évidemment, tout cela est difficile à comprendre quand on confond séparatisme, nationalisme et péquisme mais je vous ai démontré plus tôt qu’il n’y a plus aucune raison logique de confondre ces concepts.

Néanmoins, il ne faut pas sombrer dans un optimisme béat et naïf et prétendre que la fin de l’étatisme surviendrait rapidement dans un Québec séparé, ce qui ne serait pas réaliste, l’étatisme étant fort avantageux pour encore trop de gens. Mais au moins on pourra commencer à débattre véritablement sur la question de la réduction de la taille de l’État ou à tout le moins sur autre chose que la sempiternelle chicane “fédéraleux vs nationaleux”.

De plus, rien n’empêche le débat sur la question de la réduction de la taille de l’État avant de se séparer. Au contraire, cela est souhaitable. Mais les changements qui feront en sorte de réduire réellement la taille de l’État ne pourront pas survenir en restant dans le Canada, la chicane “fédéraleux vs nationaleux” faisant en sorte qu’il y ait trop de compétition entre les interventionnistes fédéraux et les interventionnistes provinciaux (vous savez, les fameuses chicanes sur la juridiction et les compétences fédérales vs provinciales).

Bref, si vous êtes un soi-disant zélateur de la réduction de la taille de l’État ou que vous êtes soi-disant un anarcho-socialiste ou un libertarien, et que vous êtes toujours contre la séparation du Québec après avoir lu et digéré ce billet, vous êtes complices de l’étatisme de plus en plus tentaculaire et obèse en cours au Québec, ce que est tout à fait illogique et n’a rien à voir avec l’anarchisme. Il n’y aucune logique dans l’anarcho-colonialisme canadian.

Finalement, je me rejouis en constatant qu’il y a au moins un libertarien qui est d’accord avec moi.

Vive la séparation du Québec!

Note: Le but de ce billet n’est surtout pas de discréditer la séparation du Québec pour les étatistes. On peut très bien concevoir un Québec indépendant de gau-gauche étatiste à la sauce communiste cubaine ou un Québec indépendant de drouate étatiste conservatrice catho-fasciste avec une armée solide possédant l’arme nucléaire au service des impérialistes américains. Les étatistes peuvent même très bien y trouver leur compte en alléguant qu’il serait avantageux de pouvoir prendre ses propres décisions au Québec sans demander la permission au fédéral. Sur ce point, je suis tout à fait d’accord avec eux. Néanmoins, les anarchistes de tout acabit, incluant votre humble serviteur, vont combattre avec encore plus de véhémence l’étatisme après la séparation du Québec, et celle-ci leur donnera une meilleure chance de faire progresser leurs idées que le statu quo fédéraleux actuel.

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161 responses

  1. Françoys Larue Langlois | Reply

    Je suis, j’étais déjà et je veux croire que je serai toujours d’accord pour condamner les oppresseurs ; qui qu’ils soient et quels que soient ceux qu’ils oppriment. Mais (et c’est ce que je voulais dire initialement), si j’ai la même antipathie pour tous les oppresseurs, je n’ai pas la même sympathie pour tous les opprimés.

    Il y a des groupes opprimés qui feraient d’excellents groupes oppresseurs. Les Chrétiens, par exemple, ont été des opprimés dans l’Empire romain, du moins jusqu’à Constantin. Ensuite ils sont devenus eux-mêmes oppresseurs.

    Plus près de nous, les bouddhistes tibétains ou le Falun Gong sont (je veux bien le croire) opprimés par les Chinois, ce qui n’est certes pas à l’honneur de ces derniers. Mais Tenzin Gyatso (le soi-disant dalai-lama) et Li Hongzhi (le chef spirituel du Falun Gong) sont des raclures réactionnaires pour lesquelles je n’ai pas plus de sympathie que pour tous ceux qui s’instituent volontairement leurs fidèles et qui leur prêtent des pouvoirs surnaturels. De plus, je suis pratiquement convaincu que si ces deux jojos et leurs ouailles étaient en position de force, ils n’hésiteraient pas un instant à se faire oppresseurs.

    Ainsi, sans me réjouir que les Chrétiens aient été opprimés jadis, ou que les bouddhistes tibétains le soient aujourd’hui, je refuserais probablement (pour donner un exemple) de signer une pétition en leur faveur, parce qu’ils me débectent presque autant que leurs persécuteurs.

    Est-ce mesquin de ma part? Peut-être un peu. Aussi n’aspirai-je aucunement à la sainteté.

    1. Eh bien, je suis encore plus mesquin que vous, mon cher! Entièrement d’accord!

  2. Eric(francophone)..Et fier de L'être ! | Reply

    Faut s’séparer Tabarnnak, faut c..ser les anglais DE-HoRs

    1. Ce n’est certainement pas pour crisser les anglais dehors que j’appuie l’indépendance du Québec. Ce genre d’argumentaire nationaleux-étatiste fait très mal au mouvement séparatiste.

      Et si la séparation du Québec était bénéfique pour les anglais aussi?

  3. Incontestablement, Vive la séparation du Québec ANARCHO-PRAGMATISME sait graver les consciences. Une feuille plutôt bien composé pour un post réellement sympa.

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